DE FRÉDÉRIC II.
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preuve d’attachement qu’on puisse exiger. Je ne re-grette point le monde : je vais jouir d’une félicité sansfin. »
Puis il se mit en route, le front calme, à pied, parune sombre matinée de novembre, vêtu d’un simplesarrau de soldat, les mains garrottées derrière le dos.L’infortuné touchait à peine à sa vingt-deuxièmeannée. Son âge seul eût mérité quelque indulgence;mais ses qualités privées lui donnaient d’autres droitsà la commisération. Tous furent méconnus; ni les glo-rieux services de son père, lieutenant-général, niceux du feld-maréchal de Wartensleben, son aïeul, niles larmes de ses amis ne purent désarmer le monar-que; Frédéric-Guillaume ordonna l’exécution.
Un échafaud avait été élevé sur la place même dela citadelle, de plain-pied avec la chambre du prince,pour qu’on pût y arriver par la fenêtre ; ce triste pas-sage était tendu de noir. Chaque coup du marteau desouvriers retentissait à l’oreille de Frédéric, qui lui-même attendait la mort. Dans ces lugubres prépa-ratifs tout était calculé avec un art ingénieusementféroce.
Le jour suivant, Lœpel, commandant de la citadelle,entra dans la chambre du prisonnier. La tristesse ré-pandue sur son front annonçait un message sinistre.Frédéric avoua depuis qu’alors il avait cru toucher àson heure dernière ; mais un sort plus cruel lui étaitréservé. Le commandant lui annonça qu’il fallait assis-ter au supplice de Katt; tel était l’ordre formel du Roi.
A cette nouvelle, le prince qui, jusqu’alors, avait