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Tome I.
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15)4 , HISTOIRE

lité : dans une grande âme, il n’y a pas de place pour lavengeance.

Sa dépense avait été réglée fort mesquinement;aussi toute la noblesse du voisinage se cotisa-t-elle poursubvenir à la table du prince ; les réfugiés français deBerlin lui envoyèrent du linge et des rafraîchissements.Telle était sa mélancolie, qu'on eut bien de la peine àla dissiper, et encore Frédéric ne voulut-il quitter sonhabit de prisonnier que quand il fut en lambeaux, parceque son cher Katt en avait porté un semblable.

Cependant les travaux du nouveau conseiller étaientpeu de son goût; il s’y livra néanmoins avec assezd’ardeur pour acquérir des connaissances utiles, tropsouvent étrangères aux rois. Ne réprimant pas toujoursson humeur satirique, il s’amusait quelquefois à des-siner, en caricature, ses graves confrères, et même leprésident de Munehow, qui n’en continuait pas moinsses bons olïices, en lui procurant des livres. Dans cesgrotesques peintures, les uns étaient affublés d’énormescornes, d’autres étaient représentés buvant ou jouantaux cartes.

Forcé de renoncer à l’horrible satisfaction qu’il s’é-tait promise, Frédérie-Guillaume, ne pouvant tuer lecorps de son fils, voulut sauver son âme, et il ordonnaà l’aumônier Muller, le même qui avait assisté Katt, deconférer avec le prince royal. La mission était délicate,imposée par un homme dont toute la conduite venaitd’être si contraire à l’esprit même du christianisme. Ledigne ecclésiastique l’accomplit fidèlement ; et, s’il neparvint point à changer les convictions de Frédéric, s’il