DE FRÉDÉRIC 11.
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connu j encore était-ce grâce aux journaux et auxtraducteurs français. L’Italie conservait bien quelquespartisans ; mais son temps de mode était passé, et leursfroids hommages se partageaient entre trois où quatregrands poètes morts depuis longtemps. Pour l’Espagne,on connaissait à peine, au-delà du Rhin, ses romanset son théâtre. Quant aux Muses allemandes, encoreau berceau, elles essayaient leurs forces. Canitz, il estvrai, avait donné au Malherbe de la Germanie 1 , à Opitz,un successeur ; mais lui-même consacra la suprématiedes poètes français en les traduisant. Déjà Besser etGunther mouraient d’oubli; Wernicke, malgré son re-cueil d’épigrammes, quelques idylles, le poème d'HansSachs 2 , et de grands services rendus à la réforme lit-téraire, descendait peu à peu de la hauteur où ses con-temporains l’avaient placé ; Hagedorn, Bodmer, Haller,Gessner, plusieurs autres jeunes talents s’annonçaient;mais ce n’était encore que l’aurore d’un beau jour. Ilfallait toute l’ardeur qui animait ces âmes d’artistes,pour percer à travers les bataillons épais des juriscon-sultes, des publicistes, des théologiens, des glossateurs,lourds tyrans de la presse à cette époque. Dans cemonde savant, la langue nationale n’ayant point encorecours, le latin, sauf de rares exceptions, était seulusité. Quelques écrivains se servaient même du fran-çais.
Frédéric, à qui l’on n’avait point enseigné le latin,
1 Denina, Essai sur la vie et lè règne de Frédéric II. .
5 Wernicke mourut à Paris vers 1720, résident du roi de Danemarck.