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Tome I.
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HISTOIRE

Ytu tout ce f I u i peut arriver de plus fâcheux à ceuxqui les parcourront, ce sera de se crotter. a

Bravant l’hiver, une fièvre violente et la résistancede ses médecins, Frédéric part de Berlin, après unbal masqué; le 21 décembre, il est à Crossen; le 23,il entre en Silésie. En même temps, on distribue, parses ordres, des mémoires où ses droits sont discutés,où l’on déclare que le roi de Prusse va occuper lesduchés de Silésie dans l’intérêt seul de la Maison d’Au-triche, et pour qu’aucune autre puissance ne s’enempare.

Déjà, depuis deux jours, vingt bataillons et trente-sixescadrons étaient entrés dans cette province, quand lecomte de Gotter, chargé de proposer un accommode-ment à la reine de Hongrie, arriva à Vienne. Il offrit àMarie-Thérèse l’assistance de son maître, sa voix élec-torale, dans la Diète de l’Empire, en faveur du grand-duc de Toscane, et cinq millions de livres, moyennantla cession de la Basse-Silésie.

C’était la première fois qu’un électeur de Brande-bourg osait tenir ce langage dans le palais des Empe-reurs. Le ton dur et altier du comte n’était nullementpropre à en adoucir l’effet. La Reine rejeta, avechauteur, ces propositions, comme injurieuses. Tousses ministres étaient indignés. « Il sied bien à unprince, disait-on, qui, en sa qualité d’Archi-cham-bellan de l’Empire, eût dû présenter au feu empereurle bassin à laver les mains, de prescrire des lois à safille! »

Mais le comte de Gotter, loin de fléchir devant cette