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Tome I.
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HISTOIRE

1741 extrême, le duché de Glogau. Enthousiaste des charmesde la reine de Hongrie ; disant partout que, si Frédéric,une fois seulement, avait le bonheur de la voir, il cher-cherait plutôt à augmenter qu’à diminuer le nombre deses couronnes, ce galant envoyé négociait avec uneemphase dont le monarque prussien, naturellementfort enclin à saisir les ridicules, ne manqua pas des’amuser.

L’audience eut lieu le 5 août. Le comte de Podewitz,ministre de ce prince, et lord Hyndford, ambassadeurd’Angleterre à Berlin, étaient présents. Fidèle à ses in-structions, Robinson offrit d’abord la Gueldre autri-chienne. « Qu’avons-nous laissé dans la Gueldre? ditle Roi, sans répondre, en se tournant vers Podewitz. —Presque rien, Sire. — Hé quoi ! s’écria Frédéric, tou-jours des offres insultantes! Pas une seule ville pourmes justes prétentions en Silésie! » A sa première offrealors Robinson ajouta celle du duché de Limbourg, dé-clarant que tel était Yultimatum de la cour de Vienne.Mais Frédéric, interrompant le tableau pompeux que lediplomate traçait de ce duché : cc Comment la reine deHongrie, dit-il d’un ton ironique, ose-t-elle penser seu-lement à violer le traité de la Barrière, ce traité so-lennel qui défend d’aliéner un pouce des Pays-Bas ?D’ailleurs, je ne désire pas ce dont je n’ai pas besoin,et ne veux point me ruiner en fortifications. Ne suis-jepas occupé à fortifier Glogau et Brieg? En voilà assezpour un prince qui veut vivre en paix avec tous sesvoisins. Les Français, les Hollandais m’onl-ils offensé ?non ; je ne veux donc pas les offenser moi-même par