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HISTOIRE
H42 Cette nuit même, Frédéric, qui avait poussé jusqu'àKuttemberg, en revient promptement, tandis que leprince Charles s’avance aussi, par une marche de nuit,pour attaquer le prince d’Anhalt.
Le 17 mai, à la pointe du jour, et avant l’arrivéedu Roi, l’armée autrichienne, forte d’environ trentemille hommes, se met en bataille en face du camp prus-sien. Le prince Léopold établit sa grosse artillerie surune hauteur devant sa droite, et se forme rapidementen avant de Chotusitz. C’est alors que Frédéric arrive ;les troupes qu’il amène se rangent en seconde ligne;ses forces consistent en vingt-trois ou vingt-quatremille hommes.
Bientôt l’aile gauche de la cavalerie autrichienneessuie un feu terrible; et, tandis qu’elle se met enbataille, son flanc exposé fournit à la cavalerie prus-sienne une occasion favorable de l’attaquer et de laculbuter. Le maréchal de Buddembrock renverse toutsur son passage; le Roi suit le mouvement de la ca-valerie avec la droite de son infanterie.
Mais une singulière méprise faillit devenir funeste :les hussards de Bronikowski, nouvellement levés ethabillés de vert, avaient fait partie de l’avant-gardede Frédéric; la cavalerie, ne les connaissant pas, lesprend pour des ennemis; un cri s’élève : nous sommescoupés!... les vainqueurs fuient en désordre. Les Autri-chiens profitent de cette panique, se rallient et se retirent.
Le début de l’action avait été non moins heureuxpour la gauche de la cavalerie prussienne qui, culbu-tant la première ligne ennemie, hacha deux régiments.