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Tome I.
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HISTOIRE

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ü riques, plein d'imagination, et qui eût rendu Louis XVsouverain des mers, si les discours seuls d’un hommeaimable et frivole avaient pu opérer ce miracle ; aux af-faires étrangères, Amelot, instruit et sage, mais dontles vues étroites et les manières communes ne conve-naient nullement à sa position; gêné par une grandedifficulté de prononciation, il n’était guère propre ànégocier de vive voix ou à discuter au conseil. Ministred’État, le cardinal de Tencin 1 alliait à des talents réelsbeaucoup d’ambition avec peu de moralité; une idéefixe le poursuivait sans cesse, c’était de continuer, poursou compte, la dictature de Fleury. Mille intrigues agi-taient la cour : en première ligne y figuraient les ducsde Noailles, de Richelieu et les favorites.

Tandis que la France et la Grande-Bretagne recher-chaient, avec un égal empressement, mais dans des vuesbien opposées, l’alliance de Frédéric, Voltaire arrivait

en sorte que ces places restèrent, pendant cent soixante et onze ans,dans la même famille (de 1610 à 1781).

Faible sans bonté, égoïste, insouciant d’un avenir qui ne devait pasêtre le sien, un tel mentor était le présent le plus funeste qu’on pûtfaire au jeune roi, successeur de Louis XV.

Maurepas mourut en 1781.

1 Issu d’une famille de magistrature, Pierre Guérin de Tencin na-quit il Grenoble le 22 août 1080, et mourut, archevêque de Lyon, le2 mars 1758. Ses relations avec le trop fameux Law servirent mieuxsa fortune que sa réputation. Madame de Tencin, sa sœur, donna lejour h d’Alembert. L’intrigue et la galanterie se partagèrent sa jeu-nesse. Ayant adopté plus tard un autre genre de vie, elle réunissaitdans son salon l’élite des savants et des gens de lettres, et devint cé-lèbre par ses romans; compositions au reste dont ou lui a contestél’honneur.