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Tome I.
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DE FRÉDÉRIC II. 297

triste sort d’un fantôme d’empereur, ravivait la vieilleanimosité de l’Angleterre et la jalousie des Provinces-Unies.

Alors on vit, comme au temps des Édouard, un mo-narque anglais marcher, en personne, contre une ar-mée française : mais cette ardeur belliqueuse, Georgel’eût payée cher à Dettingen, sur le Mein, sans l’impru-dent mouvement du duc de Grammont; car les dispo-sitions du maréchal de Noailles étaient dignes du plusgrand capitaine 1 . Frédéric rend ce témoignage au gé-néral français. L’ennemi, foudroyé dans un défilé pardeux batteries qui plongeaient sur lui du rivage, eût misbas les armes; George lui-même pouvait être pris, etcette journée terminait la guerre : ce ne fut malheu-reusement qu’un rêve ; malgré les prodiges de valeur dela maison du Roi, malgré l’héroïque désespoir de tous,chefs et soldats, la France n’eut que des larmes à ré-pandre. Le général Stairs estima assez les Français pourleur recommander six cents blessés,honteusement aban-donnés sur le champ de bataille. Cet empressement às’éloigner prouve que le vainqueur était aussi étonnéde son triomphe que les vaincus de leur défaite a .

1 Frédéric, Histoire de mon temps, tome H.

s Les gardes françaises, ayant lâché pied, furent surnommés lescanards du Mein; de là, pendant un demi-siècle, une foule de duels.

Comme on prétendait que MM. de Grammont et d’Harcourt n’avaientattaqué que pour obtenir le bâton de maréchal de F rance, on appelacette triste journée la journée des bâtons rompus ; et quelqu’un pendit àl’hôtel de Noailles une épée avec cette inscription : Point homicide neseras.

Qu’on ne s’étonne pas de trouver ces déplorables plaisanteries dans

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