DE FRÉDÉRIC II.
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bourg. Bientôt il s’en présenta une. Élisabeth voulait 1144marier le Grand-Duc, son neveu, alliance brillante quiavait trouvé plus d’un compétiteur. Auguste, entreautres, s’efforçait d’attirer le choix du cabinet russe surla princesse Marianne, sa seconde fille. Un lien aussiintime, entre la Saxe et la Russie, devait causer del’ombrage à Frédéric, inquiet déjà du refus qu’avait faitla Tzarine de garantir le traité de Breslau. Ce prince, ha-bilement secondé par le baron de Mardefeld, son mi-nistre à Pétersbourg, redoubla donc de vigilance etd’activité pour faire agréer la princesse de Zerbst, filled’un feld-maréchal des armées prussiennes et d’uneprincesse de Holstein, et si célèbre depuis sous le nomde Catherine II. Malgré l’éclat d’une telle alliance, lepère de la priucesse éprouvait une vive répugnance :luthérien comme 011 l’était du temps de la Réforme,il 11e consentit à voir sa fille devenir schismatiquequ’après qu’un ministre plus traitable lui eût démon-tré les analogies de la religion grecque avec la luthé-rienne.
Mardefeld cacha si bien son jeu au chancelier Bes-tucheff, alors vendu à la Saxe *, que la princesse de
1 Rulhière a dit de cet homme d’État : «Sa politique était de croirequ’on peut toujours faire h un autre homme la proposition d’un crime;sa seule adresst^dans ses conversations était de balbutier, afin d’avoirle droit de revenir sur ses paroles, en soutenant qu’on ne l’avait pasbien entendu ; de paraître ne pas comprendre avec facilité la languequ’on lui parlait, afin qu’on s’expliquât de tant de manières qu’on dîtenfin plus qu’on ne voulait dire. Sa souveraine le redoutait, et sa dis-grâce, avant de le frapper, le menaça vingt ans. Il détestait sa souve-raine, et souvent il médita de la détrôner. Ce ministre, perdu de luxe,