342
IllSTOIliK
de violence; l’Europe offrait l’aspect d’un vaste champde bataille.
Rentrée en Bavière, sous les ordres de Seckendorf,l’armée impériale avait reconquis tout cet électorat,sauf Passau et Scharding. Charles VII retourna à Mu-nich. Mais son perfide général prit de tels quartiersd’hiver qu’une portion considérable de ses troupes futpoussée jusque dans le pays de Salzbourg, alors que lapartie principale du cours del’Iun était au pouvoir desAutrichiens : c’était donner à l’ennemi les moyens depasser cette rivière en force, de couper les Bavarois,de les battre partiellement, sans leur laisser le tempsde se rassembler. Dès la campagne suivante, il en arrivaainsi.
Vainement l’Empereur reçut de fidèles avis : il n’eutint compte, attendant l’arrivée à Munich du maréchalde Belle-Isle pour les discu ter ensemble, et savoir enfinsi Seckendorff était un traître ou un ignorant 1 .
De Muuich, Belle-Isle devait se rendre à Berlin. Fré-déric désirait concerter avec lui un plan capable deréparer les fautes récentes. Muni des pleins pouvoirsdu roi de France et de l’Empereur, le maréchal, venantde Cassel par l’Eichsfeld 2 3 , voyageait, sans défiance,avec son frère et toute sa suite s , lorsqu’il fut arrêté,
1 Mémoires deValori, tome I.
2 Ce territoire, appartenant alors à l’électeur de Mayence, est situéentre la Tliuringe, la Hesse et le pays de Brunswick.
3 La suite nombreuse du maréchal, composée de vingt-cinq per-sonnes, fit soupçonner qu’il y avait parmi elles des ingénieurs ou offi-ciers déguisés, chargés de reconnaître la roule, et d’examiner si elle