DE FRÉDÉRIC II.
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elle ne fait, en quelque manière, que commencer par 1745rapport à la France. »
Ce désordre était peu de chose encore, si 011 le com-pare aux scandaleuses prodigalités qui souillèrent lafin de ce règne.
Mais, comme à d’autres époques de l’histoire deFrance, l’épée des généraux effaça, pour un moment,les taches de la politique ; bientôt, la gloire de Fontenoydevait couvrir d’un voile brillant des plaies honteuses.
C’est alors en effet que le maréchal de Saxe, qui, selonla belle expression de Frédéric, semblait s’être arrachédes bras de la mort pour vaincre les ennemis de laFrance, vengeait, en Flandre, sa patrie adoptive 1 ;
1 Lettre du roi de Prusse au maréchal de Saxe.
De Charlottembourg, 5 novembre 1746.
« Monsieur le maréchal, la lettre que vous me faites le plaisir dem’écrire m’a été très-agréable; je crois qu’elle peut servir d’instructionpour tout homme qui se charge de la conduite d’une armée.
« Vous donnez des préceptes que vous soutenez par vos exemples,et je puis vous assurer que je n’ai pas été des derniers à applaudiraux manœuvres que vous avez faites.
« Dans les premiers bouillons de la jeunesse, lorsqu’on ne suit quela vivacité d’une imagination qui n’est pas réglée par l’expérience, onsacrifie tout aux actions brillantes et aux choses singulières qui ontde l’éclat. A vingt ans, Boileau estimait Voiture ; à trente, il lui pré-férait Horace.
« Dans les premières années que j’ai pris le commandement de mestroupes, j’étais pour les pointes; mais tant d’événements que j’ai vusarriver, et auxquels j’ai eu ma part, m’en ont désabusé. Ce sont lespointes qui m’ont fait manquer ma campagne de 1744; et c’est pouravoir mal assuré la position de leurs quartiers, que les Français et lesEspagnols ont enfin été réduits à abandonner l’Italie.
« J’ai suivi pas à pas votre campagne de Flandre, et, sans que j’aie