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HISTOIRE
nis rallient quelques bataillons, en forme de triangle, surune hauteur, pour couvrir leur retraite; la cavalerieprussienne de la droite, déjà victorieuse, se présente surleur flanc, en même temps que l’infanterie débouchedu bois pour les assaillir. Kalckstein, arrivant avecquelques troupes de la seconde ligne, déborde de beau-coup les Saxons, qui, sans attendre l’attaque, s’en-fuient. Tout le corps saxon était donc battu avant quela gauche de l’armée fût entièrement formée.
On n’avait pas manqué d’avertir le prince Charles, àHausdorf, du feu d’artillerie et de mousqueterie qu’onentendait; préoccupé de l’idée que c’étaient les Saxonsqui attaquaient Strigau, il n’en tint aucun compte. Maisbientôt il apprit leur déroute. Alors, s’habillant à labâte, il ordonna à l’armée d’avancer.
Les Autrichiens marchaient donc, à pas comptés,entre le ruisseau de Strigau et les bouquets de Ron-stock, dans une vaste plaine coupée seulement par desfossés qui séparent les propriétés.
Mais le margrave Charles et le prince de Prusseobservaient l’ennemi : dès qu’ils furent à portée, ilsle chargèrent vivement et le firent plier. Dans cetinstant critique, les grenadiers autrichiens surent tirerbon parti des fossés : peut-être même eussent-ilspu mettre de l’ordre dans leur retraite, si deux foisle régiment des gardes ne les eût chassés à coups debaïonnettes.
Comme il n’y avait plus d’ennemis devant la droite,Frédéric lui fit faire un quart de conversion pour seporter sur le flanc gauche et derrière les Autrichiens.