1)E FRÉDÉRIC II.
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donnant pour raison que s’il renonçait à une telle ré- rvision « les juges pourraient tourmenter à leur gré lespauvres gens des provinces, »
Cédant enfin aux instances de son chancelier, il abo-lit l’appel. Mais, entraîné bientôt par le besoin de toutfaire par lui-même, Frédéric revint à l’examen des mé-moires et réclamations qu’on lui adressait contre lesdécisions judiciaires. Certes, ses intentions étaient par-faitement droites; mais, faute de renseignements po-sitifs, il devint plus d’une fois injuste par amour dela justice. On conçoit aussi combien cette manièrede traiter les jugements et sentences, déconsidérait lamagistrature aux yeux de la nation.
Malgré le non-succès d’une première expérience, cegrand homme, dans l’âme duquel une pensée féconde etutile jetait toujours de profondes racines, ne renonçapoint à ses espérances. Vers la fin de son règne, prèsde descendre au tombeau, il songeait encore à l’avenirde la patrie. En 1780, six années avant sa mort, le pro-jet d’un nouveau code l’occupait. Malheureusement, ilcessa de vivre avant d’obtenir ce dernier triomphe. Choseremarquable ! la seule opération sur laquelle Frédéricsoit revenu durant tout son règne, c’est la réforme dela justice.
Mais, au milieu de ses occupations pacifiques, le jeuneroi se rappelait qu’une armée invincible devait être labase de sa grandeur naissante. Consolidantdonc l’œuvrede ses prédécesseurs, il perfectionna de jour en jourcette puissante organisation militaire qui valut long-temps à la Prusse une si haute prépondérance.
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