HISTOIRE
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ns3- Rome, les hommages d’étrangers de tous les pays, detoutes les sectes. Une des femmes les plus distinguéesde son temps, la margrave de Bareith, sœur du roi dePrusse, vint lui rendre visite. Frédéric professa toujoursaussi la plus haute estime pour ce souverain pontife,qui, de son côté, sachant gré au monarque prussien desa tolérance, lui témoigna constamment des égards re-cherchés.
Avant de reprendre le cours des événements politi-ques, peut-être sera-t-on bien aise de trouver ici quel-ques détails sur le caractère de Frédéric, sur les habi-tudes de sa vie privée. Il y eut en lui deux manièresd'être, deux individualités, si l’on peut s’exprimer ainsi,bien distinctes; l’une naturelle, l’autre artificielle, en unmot l’homme et le monarque. C’est pour les avoir tropsouvent confondues toutes deux, que tant de faux juge-ments ont été portés sur ce personnage extraordinaire.
Frédéric pensait qu’un roi doit avoir le cœur dansla tête : aussi s’efforça-t-il constamment de subordon-ner à sa raison sa sensibilité. Mais, dans la vie privée, ilfut bon, aimant, affectueux, accessible aux affectionsde famille, aux doux épanchements de l’amitié. Peu desœurs ont été chéries par un frère couronné comme lefut la margrave de Bareith ; peu de sujets ont reçu deleurs souverains les touchantes marques d’attachementque Frédéric prodigua à la personne et à la mémoirede Jordan U Durant la maladie qui lui enleva ce con-
1 II naquit à Berlin, le 27 août 1700, d’une famille originaire duDauphiné, que la révocation de l'Édit de Nantes avait éloignée de la