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stance. Tant qu’il vécut, Jordan dirigea cet utile éta- 1153 -
\ ^ , 1766
bhssement avec un zele infatigable. En expirant, ilavait recommandé son fidèle domestique aux bontésdu Roi; d’emplois en emplois, Frédéric éleva, par de-grés, ce digne serviteur au rang de conseiller privé.
En 1766, mourut le prince Henri, frère cadet duprince héréditaire. A peine âgé de dix-huit ans, cejeune homme annonçait de brillantes qualités. Le Roiétant venu à Berlin, quelques mois après cet événe-ment, fit appeler Thiébault : « Vous avez su, monsieur,lui dit-il, quelle perte l’État et moi nous venons defaire, par la mort d’un jeune prince de la plus belle es-pérance. Ce malheur m’a vivement affecté : tous lesjours, je me suis retracé les qualités précieuses qui lefaisaient estimer et chérir; mais, ne me bornant pas àde stériles larmes, j’ai cru devoir sauver de la tombece qu’il avait de plus louable, et justifier mes regretspar l’exposé fidèle des causes qui les excitaient : j’aipensé que le tableau de sa jeunesse pourrait offrir unexemple utile à ceux que la naissance place sur lemême échelon que lui, et sans doute aussi à tous ceuxqui sont susceptibles d’une belle émulation. Aussi,cherchant à ramener ma douleur vers un but profitableà la société, ai-je fait l’éloge de ce neveu si chéri et siamèrement regretté! Je veux, monsieur, que ce dis-cours soit lu dans une séance publique de mon Acadé-mie, et je vous ai choisi pour y faire cette lecture.Toutefois, ce morceau ne me semble pas encore achevé;plusieurs passages ont besoin d’être retouchés. Mais,dès que je veux y revenir, je 11 e vois plus que mon ne-y.