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Tome I.
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HISTOIRE

- roïques souvenirs, quel spectacle frappait d’abord lesregards? Les statues de Schwerin, de Keith, de Win-terfeld, de Seydlitz. Cette façon éclatante d’honorerla mémoire de ses plus illustres compagnons d’armes,n’annonce guère un maître jaloux de leur renommée.

Frédéric savait donner aux récompenses un carac-tère auguste et solennel. « Il n’y a que la religion quipuisse consacrer, d’une manière durable, le souvenirde la vertu. Le feu roi de Prusse, qui connaissait sibien les grands ressorts de la politique, n’avait pas ou-blié celui-là. Comme la religion protestante, qui estdominante dans son pays, bannit des temples les ima-ges des saints, il y avait fait mettre les portraits desofficiers qui avaient péri en se distinguant à son ser-vice. La première fois que j’entrai dans les temples deBerlin, je fus fort étonné d’y voir plusieurs portraitsd’officiers en uniforme. On lisait au bas leur âge, leursnoms, celui du lieu de leur naissance, et de la batailleoù ils avaient été tués. Il y a aussi, je crois, une ligneou deux d’éloge à la fin de ces inscriptions. On ne sau-rait croire quel enthousiasme militaire cette vue in-spire à ses sujets C »

Et certes ce prince n’attendait pas la mort de seslieutenants pour leur rendre une tardive justice. Dansune foule d’occasions, Mœllendorf, ce digne représen-tant de la vieille gloire prussienne à la journée d’Iéna, ettant d’autres, furent comblés des plus touchants égards.

Le général Ziethen était pour Frédéric l’objet d’une

1 Bernardin de Saint-Pierre, Études de la nature.