HISTOIRE
1753 -
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brait, avec magnificence, la naissance de ce prince : cejour même était la plus grande fête de sa cour; jamaisil n’y manqua. Chaque semaine, en lui envoyant desfruits de ses serres-chaudes de Postdam, il lui écrivaitune lettre confidentielle et amicale, où les plus hautsintérêts politiques étaient discutés, où l’un des plusétonnants rois qui aient paru demandait modestementdes conseils 1 à ce frère, son rival de gloire. On regretteque la nature même de cette correspondance n’ait paspermis qu’elle devînt publique.
Ayant rassemblé ses généraux dans un repas, aprèsla guerre de Sept-Ans : « Saluons, messieurs, leur ditle Roi, le seul général qui, pendant toute cette guerre,n'ait pas fait de faute. — A votre santé, mon frère. »Ce mot ne sent pas l’envie.
Cette triste passion tourmenta un autre cœur que lesien. Mécontent du second rang, le prince Henri, dansson frère, ne voyait qu’un maître, et ce maître lui étaità charge. Aussi, ne répondit-il jamais à son affection.Mais jetons un voile sur cette faiblesse que rachetèrentde si brillantes qualités.
Frédéric, il est vrai, se montra sévère, en parlant deCharles XII : comme capitaine, c’est un droit que per-sonne ne lui contestera ; comme philosophe, qui n’estde son avis? L’histoire ne doit que de sévères arrêts àces fous couronnés dont l’héroïque démence ravagea laterre. Comment admirer un prince qui, enivré d’orgueil,et plein d’un mépris brutal pour les doléances de son
8 Fie privée, politique et militaire du prince Henri, Paris, MDCCCIX.