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Tome I.
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HISTOIRE

53- Il v a plaisir à le suivre dans les précautions dont ilenvironnait la vie des hommes, recommandant sanscesse aux tribunaux d’examiner les circonstances atté-nuantes avec non moins d’attention que les crimes. Laliberté des citoyens était de même protégée contre lesabus de pouvoir ; ainsi nul commandant de forteressene pouvait recevoir un prisonnier sans un ordre signédu Roi ; nul ministre n’eût, de sa propre autorité, dis-posé de la personne du plus obscur sujet. Ces entravessalutaires, juges et ministres tentèrent plusieurs fois,mais en vain, de s’en affranchir. En 1745, le départe-ment de la justice se plaignit au Roi des inconvénientsproduits par la nécessité d’obtenir sa confirmation pourles sentences criminelles. « Cet usage, disait le rapport,complique les procès, prolonge les détentions, multi-plie les frais. » En conséquence, on suppliait le mo-narque de dispenser les tribunaux provinciaux de laconfirmation des condamnations à mort, au fouet, aubannissement, à la prison. « Non, non, répondit Fré-déric au Chancelier, il résulterait de là toutes soi tesd’abus, et vous pourriez tourmenter à votre aise lespauvres gens des provinces. »

I Jamais non plus il ne daigna descendre au châti-ment d’une offense personnelle. Le pasteur d’une églisede Berlin se permettait de violentes sorties contre l’ir-réligion de son souverain : on l’invita à plus de cir-conspection, mais inutilement ; ces recommandationsne servaient qu’à irriter son zèle. Frédéric l’ayant faitappeler : « Monsieur, lui dit-il, vous désirez que je vouspersécute ; mais je n’ai pas le moins du monde l’envie