JUSTIFICATIVES.
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en lui disant : « Une preuve que le Roi ne veut point votre perte, mais« seulement votre conversion et votre amendement, c’est que, prê-te inièrement, il a fait exécuter de Katt sous vos yeux, afin de vous« portera des réflexions sérieuses; secondement, qu’il vous a soustrait« au tribunal séculier, et qu’il in’a permis, à moi, ministre de la pa-« rôle de Dieu, de vous entretenir de cette parole, et de vous remettre« dans le bon chemin, preuves certaines des bontés du Roi pour vous,
« et de l’intérêt qu’il prend au salut de votre âme. » Après un momentde silence, le prince répondit : « Pourvu que le but de vos visites ne« soit pas aussi de me préparer à la mort ! » J’eus beaucoup de peineà le tranquilliser sur ce point. Je l’assurai que, lorsque le Roi seraitsûr de son changement, il verrait qu’il a un père miséricordieux, etun père plein de clémence et de bonté pour lui ; qu’ainsi il devaitprendre courage et chasser toutes ces idées affligeantes; et j’ajoutaique le temps de mon service près de sa personne dépendait de lui.La-dessus, je me mis en prière avec lui ; et, après cet acte de piété, ilparut un peu tranquille et me pria de rester encore auprès de lui, si jele pouvais, et de coucher au château, s’il était possible, afin que jefusse plus près de lui, et qu’il pût avoir avec moi des entretiens plusfréquents pour son édification ; et c’est ce que j’ai fait.
« Or, comme je puis assurer, devant Dieu, a Votre Majesté, d’aprèsles marques diverses de repentir et de componction qu’il a données,que je n’ai, pu apercevoir dans le prince royal la moindre trace dedissimulation, je vous supplie très-humblement d’user de miséri-corde, à l’exemple du seigneur notre Dieu, et de faire briller bientôtsur le prince un rayon de votre clémence royale; car j’appréhendetoujours que la crainte et l’idée des malheurs qui pourraient encoretomber sur lui, ainsi que sa mélancolie qui augmente de jour en jour,ne produisent sur son esprit une maladie funeste, dont il ne serait pluspossible de le guérir. Que Dieu, le père des miséricordes, ouvre lecœur paternel et royal de Votre Majesté, afin qu’elle exauce ma très-humble prière ! Amen. »
Kustrin, le 9 novembre dans la matinée.
Après ce rapport de l’aumônier, seconde lettre du Roi :
« Révérend amé et féal,
« J’ai reçu vos deux rapports du 6 et du 7 de ce mois. Je vousordonne, en réponse, de rester encore à Kuslrin, jusqu’à nouvel ordre,