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Tome I.
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PIÈCES

une soumission profonde et une obéissance aveugle aux ordres duRoi son père, il répondit : « De tout mon cœur, pourvu que le Roi me« croie et se fie à. mes promesses. Mais je crains qu’il ne veuille ja-« mais me rendre ses bontés. » Là-dessus, je l’assurai que Votre Ma-jesté l’en croirait sur sa parole, ajoutant qu’il songeât aussi s’il vou-lait confirmer par un serment la promesse de changer de conduite; etqu’alors il serait certain que Votre Majesté n’aurait plus aucune dé-fiance. Le prince me répondit : « Êtes-vous donc sûr que le Roi me« rendra ses bontés ? — Il ne vous les rendra pas tout d’un coup, ré-« pondis-je, mais je suis sûr qu’il vous les rendra peu à peu, et à me-« sure qu’il apprendra les effets de vos promesses. » Là-dessus, je l’in-formai de ce que Votre Majesté m’a ordonné de lui dire de sa part. Dèsqu’il apprit ces dispositions, il fut si touché de cette bonté paternelleet royale que les larmes lui vinrent aux yeux, et qu’il me dit : « Est-il« bien possible P Ne vous a-t-on point engagé à me tenir ce langage ? »A ces mots, je tirai de ma poche l’ordre de Votre Majesté, et je le luimis entre les mains pour le lire. Après l’avoir lu, il me dit qu’il étaithumblement touché des bontés de Votre Majesté, et qu’il se confor-merait entièrement à ses ordres. Il ajouta que, par rapport au serment,il connaissait toute l’importance d’une action de cette nature, qu’il sa-vait qu’il ne pouvait faire aucune restriction mentale, qu’il fallait jureret promettre selon le sens et l’intention de ceux qui prescrivaient leserment, et l’entendre de la manière qu’ils voulaient qu’il fût entendu.« Je suis donc résolu, dit-il, à ne jamais le rompre et à le prononcer« distinctement et à haute voix. Mais aussi je suis dans la ferme con-« fiance que, dans la formule que Sa Majesté me prescrira, il n’y aura« rien que de paternel et qu’il ne me soit possible d’exécuter. Et comme,« dans une chose de cette importance, je voudrais n’agir que d’après« les réflexions les plus sérieuses, je désirerais que Sa Majesté, avant« que de m’envoyer les commissaires, daignât me faire montrer ladite« formule et les articles qu’elle contient, afin que je ne fasse rien avec« précipitation, et qu’après de mûres réflexions, et que je puisse me« préparer avec d’autant plus de sincérité à promettre et remplir tous« ces articles. »

« Afin donc que je puisse aussi, à cet égard, remplir mes fondionsauprès du prince royal, et raffermir de plus en plus dans ses desseins,je supplie humblement Votre Majesté de lui envoyer d’avance cette for-mule et ces articles. Je suis, etc. »