CHAPITRE III.
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mais encore les terres labourées. Les eaux doivent leurs propriétésfécondantes aux principes solubles et aux détritus des matières ani-males et végétales qu’elles renferment, dont les éléments se trouventdans un certain état de combinaison.
L’eau prise près de sa source agit plus activement sur la végéta-tion que lorsqu’elle a déjà fait un long parcours, surtout lorsqu’elletient en suspension des substances qui ont pu se déposer successive-ment et former un colmatage. L’eau, enlevée de son lit, produit denotables avantages: «Leseaux descolaturesen Bresse, ditM. Puvis(l),« ont souvent plus de qualité que celles de la dérivation, parce qu’elles« sortent de terres labourées ou de prairies auxquelles on donne une« abondante fumure tous les trois ans. »
Les irrigations exercent une influence sur le climat; en effet, leseaux qui les produisent ne séjournent que peu de temps sur le sol,une partie s’infiltre et agit sur les plantes, une autre coule à la sur-face et le long des pentes, et une autre enfin s’évapore ; celle-ci , enété, entretient une humidité bienfaisante, retombe en rosée ou enpluie, intervient puissamment sur la végétation, et améliore ainsi leclimat.
D’un autre côté, les eaux infiltrées viennent grossir les sources elles-mêmes après avoir enlevé à la terre des principes fécondants, et peu-vent servir encore avantageusement à de nouvelles irrigations.
Les bonnes eaux répandues sur les terrains marécageux les assai-nissent notablement quand on peut leur donner un écoulement conve-nable. On change la nature de leurs produits ; des végétaux des ter-rains sains remplacent des végétaux malsains. Ainsi le Lodezan, qui,suivant le témoignage de Beccaria, était le réceptacle marécageuxd’eaux immondes et saumâtres, s’est assaini sous l’influence des irri-gations et est devenu un des pays les plus féconds de l’Italie (2). Dansles marais Pontins, on détruit les miasmes délétères en y faisant arri-ver des nappes d’eau.
On trouve, dans les couches inférieures des bassins d’un grand nom-bre de cours d’eau, des lits de tourbe qui prouvent que jadis cesbassins formaient des marais. Les eaux , par l’effet des irrigations na-turelles , ont donc déposé des alluvions qui ont changé les surfacesmarécageuses en terrains féconds et assainis; par conséquent, le climats’est amélioré. Cette transformation n’a lieu toutefois, dans l’irrigation
(1 ) De l’emploi des eaux en agriculture, p. 22.
(2) Paladoso letto d'acque immonde e salmastre.