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Des climats et de l'influence qu'exercent les sols boisés et non boisés / par M. Becquerel
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CHAPITBE VI.

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meut calmes, et où ils sont moins enracinés, ils sont souvent renver-sés. On observe souvent ces effets après les pluies, quand la terre estfort humide, et présente moins de résistance.

La propriété que possèdent les vents de fortifier les fibres des végé-taux présente quelquefois des inconvénients. Le chanvre cultivé dansla vallée du Rhône a une filasse très-grossière, tandis que sous lesabris des Alpes, dans la plaine de Grenoble et dans la vallée du Grai-sivaudan, elle est beaucoup plus fine.

Les végétaux à tige molle ne sauraient être cultivés dans des con-trées exposées aux vents, à moins d’abris. C’est pour ce motif que lespois ne réussissent bien que dans des lieux calmes ; il en est de mêmedu pavot et du sésame, dont les graines sont facilement disperséespar les vents.

Si les grands vents ne déracinent pas les végétaux, ils peuventquelquefois causer de grands dommages aux récoltes quand ils souf-flent lors du développement des feuilles : ils les coupent, parce qu’ellessont tendres, et arrêtent ainsi la végétation. La récolte de feuilles demûriers peut être ainsi détruite.

Quand des dunes ou des terrains sablonneux se trouvent sur ladirection des vents, ils entraînent avec eux des grains de sable quiusent peu à peu l’épiderme des feuilles et des branches, et altèrent oudétruisent les parties exposées à leur action.

Les vents favorisent la dissémination des semences ailées des plan-tes; c’est pour ce motif que l’on se garantit avec peine de la multipli-cation des chardons.

Passons aux propriétés physiques qui intéressent le plus la clima-tologie , à celles qui concernent leur température et leur humidité. Onconçoit qu’une masse d’air qui glisse sur une grande étendue de terrechaude ou froide, ou sur la surface de la mer, s’échauffe ou se refroi-dit, devient sèche ou humide; les vents possèdent donc des proprié-tés physiques, particulièrement des propriétés calorifiques, qui dé-pendent des régions d’où ils soufflent.

Nous iudiquous, dans le tableau suivant, l’influence des vents àParis sur la température moyenne. Les résultats sont déduits de qua-rante années (1806-1845). (Voir Hœghens, Annuaire météorolog.de la France , 1850, page 323.) Ce tableau renferme :

1° Température moyenne à midi, à Paris, modifiée par l’influencede chacun des huit vents principaux ;

2° Perturbation moyenne apportée par le vent régnant à la tempé-rature moyenne de midi.