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CHAPITRE VI.
Orange l’évaporation de la terre, en été, enlève les 0,80 de la quantitéde pluie, ou un peu moins du tiers de l’évaporation de l’eau. Dans l’uneet l’autre localité, la pluie laisse donc un excédant d’humidité. La dif-férence peut être attribuée à une température plus forte à Orange qu’àGenève, et à des jours de pluie qui sont plus isolés les uns des autresà Orange que dans cette dernière localité. Il résulte de la distributiondes pluies, que l’eau qui est tombée à Orange est immédiatement re-prise par l’évaporation, avant d’avoir pu gagner les parties inférieures.
Ces éléments ne sont pas les seuls à prendre en considération ; ilfaut avoir égard encore à la température de l’air ambiant, qui influesur l’évaporation de l’eau de la terre, et à celle de l’air en contact avecle sol, cette dernière variant avec l’effet du rayonnement nocturne.On voit par là les difficultés à vaincre pour obtenir, avec une certaineapproximation, la valeur de l’évaporation dans une contrée.
Bien que les méthodes d’observation employées par les météorolo-gistes anciens ne soient pas à l’abri de toute objection, néanmoins onpeut se servir des résultats obtenus dans les mômes régions, sous lamême influence de température et de vents, lorsqu’ils sont semblables.On peut aussi rendre comparables les observations faites en différentslieux, en tenant compte de la vitesse des vents.
Divers lieux ont donné pour l’évaporation annuelle :
Côtes de l’ouest. 685 mil -
France méridionale. 2229
Italie du sud. 2035
Italie septentrionale. 1856
Plateaux de la France. 869
Plaines de la France. 612
Vallée du Danube.... 667
Scandinavie. 300
Ce petit nombre d’observations montrent que l’évaporation a unetendance marquée à diminuer en allant du midi au nord, et d’orienten occident.
La vallée du Rhône, exposée à des vents secs et continus, a une éva-poration bien supérieure à celle de l’Italie méridionale, où la tempéra-ture est plus élevée.
On trouvera dans le tableau ci-joint les observations d’évaporationfaites dans un certain nombre de lieux en Europe, particulièrementen France (Cours d’agriculture, t. II, p. 306 et 307), lesquelles ser-