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Des climats et de l'influence qu'exercent les sols boisés et non boisés / par M. Becquerel
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DES CLIMATS.

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sur les montagnes, au-dessus du niveau de la mer, de même aussinous allons passer en revue, eu suivant la même marche, les effets ob-servés jusqu’ici touchant l’influence exercée parle déboisement sur latempérature moyenne d’un pays, et les effets durayonnementnocturnc.Avant d’aborder cette grave question, nous rappellerons d’abord leseffets résultant de réchauffement solaire et du rayonnement nocturne,suivant que le sol est dénudé, couvert de petits ou de grands végétaux.

L’expérience a prouvé que, lorsqu’un sol est dénudé, il s’échauffeplus ou moins, suivant la nature et la couleur des parties qui le com-posent et suivant son humidité, et que, lors du refroidissement résultantdu rayonnement, il faut encore avoir égard à leur pouvoir conducteurpour la chaleur. Toutes choses égales d’ailleurs, les sables siliceux etcalcaires, comparés à volumes égaux aux différentes terres argileuses,au calcaire en poudre fine, à l’humus, à la terre arable et à la terrede jardin, sont les sols qui conduisent le moins bien la chaleur. C’estle motif pour lequel les terrains sablonneux, en été, même pendant lanuit, conservent une température élevée. Concluons de là que, lors-qu’un terrain sablonneux est déboisé,la température locale doit s’élever.

Après les sables viennent, successivement, les terres argileuses,arables, de jardin, et enfin l’humus, qui occupe le dernier rang. Enreprésentant par 100 la faculté que possède le sable calcaire de retenir

la chaleur,

On a, d’après Schubler :

Pour le sable. 95,6

— la terre arable calcaire. 74,3

— la terre argileuse. 68,4

— la terre de jardin. 64,8

— l’humus. 49,0

Ainsi, l’humus a une faculté moitié moindre de celle du sable cal-caire. Nous ajouterons que la faculté de retenir la chaleur est propor-tionnelle à la densité. Elle est aussi en rapport avec la grosseur desparticules. C’est pour ce motif qu’une terre recouverte de caillouxsiliceux se refroidit plus lentement que les sables siliceux, et que lesterres caillouteuses conviennent mieux à la culture de la vigne, parcequ’elles hâtent plus la maturité du raisin que les terrains crayeux etargileux, qui se refroidissent rapidement. On voit par là combien ilest important, dans l’examen des effets caloriques résultant du déboi-sement, d’avoir égard aux propriétés du sol une fois qu’il est dé-nudé.