W,S CLIMATS.
44 ?
t,os c.onsci|nonces qui découlent <les nombreuses obscrvaîions grou-pées dans le tableau précédent et qui sont duos à MM. de l-Iumboldt,Boussingault, Hall, Rivero, Roulin, Caldas, etc., sont incontestables;mais s’appliquent-elles également à des localités boisées et non boiséessituées en dehors des tropiques, et dans lesquelles les intempéries des sai-sons donnent lieu aune température moyenne différant beaucoup desmoyennes estivales et hivernales? Les observations manquent dans nosclimats pour résoudre cette question ; il faudrait trop les multiplier pouren déduire des moyennes que l’on obtient par une seule opération sousles tropiques, en plaçant la boule d’un thermomètre à l’ombre à o m ,33au-dessous du sol. Cependant, on est en droitde conclure, des observa-tions contenues dans le tableau précédent, que l’influence exercée parun sol dénudé sur la température moyenne sous les tropiques, a lieuégalement dans les latitudes élevées, puisqu’elle se manifeste à deshauteurs où nous retrouvons les climats tempérés et polaires, attenduque la température moyenne annuelle varie depuis 28°,5 jusqu’à l°,7.
Nous voyons, par exemple, dans ce tableau, qu’au pied du Cotopaxi,plaine aride à 3160 mètres au-dessus de la mer, la températuremoyenne est de 12°,2, tandis qu’au Paramo de Hervé, à 3167 mètres,à peu près à la même hauteur, pays environné de forêts, la tempéra-ture moyenne n’est que de to°,3 ; à Pecara, près Ibarra, 2995 mètres,plateau aride, sables blancs, la température moyenne est de 14°,7,tandis qu’à Tulcan, village à 3019 mètres de hauteur, pays assezboisé, la température moyenne n’est que de 12 ,°9 : différence l°,8. Jepourrais citer d’autres exemples du même genre, qui prouvent quesous les tropiques en Amérique, à des hauteurs où l’on trouve les tem-pératures moyennes des climats des hautes latitudes, les températuressont un peu plus élevées, toutes choses égales d’ailleurs, dans les lieuxoù le sol est sec et dénudé, que dans les lieux boisés. On peut en con-clure, je crois, qu’il en est encore de même sur le continent américain,en allant des tropiques aux régions polaires. On ne saurait en tirer lamême conséquence à l’égard de la partie occidentale de l’Europe, sur-tout relativement à l’amplitude de la différence entre les températuresmoyennes des deux continents, attendu que l’ancien continent et lenouveau ne sont pas placés dans les mêmes conditions calorifiques; eneffet, cette partie occidentale se trouve sous les mêmes méridiens que legrand désert de Sahara, duquel s’élève un courant incessant d’air chaud,lequel, après s’être refroidi en partie, nous arrive avec les vents du sudet du sud-ouest, et contribue à améliorer notre climat et à atténuer ladifférence résultant des effets du rayonnement céleste dans les lieux
IO.