ÜÜAI’ITIIE IV.
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« portaient souvent la guerre chez eux ; et parce qu’ils manquaient« do terre, ils envoyaient des colonies au delà du Rhin. C’est aiusi« que les cantons les plus fertiles de l’Allemagne, situés dans la forêt« Noire, qui a été connue des Grecs, comme on le v oit par Ératos-« thène et par quelques autres qui la nommèrent Orcinie, tombèrent au« pouvoir des Toulousains ( 1 ).' »
Les auteurs anciens mentionnent, en outre, plusieurs des grandesforêts de la Germanie.
Au N. O., le lucus Baduhennæ (2), et à peu de distance du Véser,la forêt Teutoburg, où fut défait Varus (3), puis la sylva Cæsia , quiavait son point culminant au mont Coisium. Vers les bords de la merNoire se trouvait la forêt sacrée des Semnones. Le centre de la Ger-manie était également couvert de bois; et d’abord, près du montMelibœus, la sylva Semana, qui s’étendait jusque sur l’Erzgebirgc,le Thuringenvald, le Harz et les moutagnes de la Hesse (4). Les fo-rêts montagneuses du Harz et du I’esshart sont de grands démembre-ments de la forêt Hercynienne. La première de ces forêts se fait re-marquer par la prédominance du pin et l’absence totale du chêne.Cette forêt a éprouvé deux genres de dévastation : le feu y a exercéses ravages à deux reprises, notamment en 1473 ; de terribles oura-gans ont déraciné des cantons entiers; enfin, des xylophages ont atta-qué un très-grand nombre d’arbres.
Le Thuringenvald est un des cantons forestiers les plus remar-quables après le Harz, lequel peut donuer une idée des anciennesforêts de la Germanie. Cette forêt est composée presque exclusivementd’essences d’arbres verts, de conifères, de pins, de sapins, d’épicéas,etc.
L’Autriche a perdu la plus grande partie de ses forêts; eu Styric onen compte encore quelques-unes de belle apparence, et qui sontpeuplées de mélèzes, d epinus cembra e t de pinus monlana; dans labasse Autriche, on cite comme digne de remarque celle do Vienne( Wienenvald ), peuplée de chênes, de frênes, d’ormeaux, etc.
{ Maury, p. 113 . )
La Bohême a conservé en grande partie les forêts qui suffisent à laconsommation.
La Pologne est bien déchue de sa réputation forestière, car il nereste plus maintenant qu’un petit nombre de forêts pouvant donnerune idée de celles qui existaient dans les siècles passés, et parmi les-
(I) Slrabon, liv. VI, § 29. — (2) Tacite, Annales, IV, 73. — (3) Annales, I, 3161 ; XI, 7, etc. — (4) Cf. ükert, ouvrage cité, p. 119. ” ■: (Ç) — ■' ’■