Band 
Seconde partie.
Seite
6
JPEG-Download
 

6

SECONDE PADTIE.

formaient le noyau. Autour de ces cinq petites républiques étaientvenus se grouper successivement Lucerne, Zürich, Berne, Fri-bourg et Soleure.

En venant s’asseoir à la place qu’il occupe aujourd’hui dans laConfédération, l’Etat de Fribourg avait eu de beaux titres à pré-senter ; d’un côté son affranchissement de tout vasselage, de l’autreles services rendus à la cause fédérale et sa part des trophéesconquis sur un agresseur insolent. Il avait prouvé que'placé ensentinelle à la porte occidentale des Alpes, il saurait au besoinen défendre l’entrée contre les ennemis de la liberté 1 . Mais àtravers ces dehors chevaleresques, les petits Cantons démêlèrentavec sagacité tout ce que ces nouvelles alliances avaient de re-doutable et la prépondérance que les villes ne manqueraient pasd’usurper. Celles-ci semblaient en effet tenir d’avantage à leursalliances particulières qu’au lien fédéral. Car déjà six semainesaprès le Convenant, Berne et Fribourg déclarèrent sans détourque leur ancienne alliance, loin d’être subordonnée au pacte, devaitau contraire lui être préférée. Cette déclaration mécontenta assezles petits Cantons, pour que Berne se crut obligée d’en conféreravec les quatre autres villes dans un congrès tenu à Zolingue. Laméfiance des Waldstàtten se trahit bientôt au sujet des conquêtesfaites par Berne et Fribourg, dans la première campagne de Bour-gogne. Ces deux villes en avaient retiré tout le profit, parcequ’elles en avaient couru seules tous les risques. A la diète deWillisau, où Fribourg fut représenté par Pavillard et Faucigny,les autres Cantons prétendirent pouvoir donner au Convenant uneapplication rétroactive, et revendiquer leur quote-part de ces ac-quisitions. Sans reconnaître la validité de ce principe, mais uni-

1 La ville de Mulhouse et le Comte de Thierstcin félicitèrent l’Etat de Fribourgsur son accession aux ligues. Le frère Klaus lui adressa aussi des rcmercimcnspour le don mentionné plus haut. Sa lettre munie de son sceau et de sa signature,semble pressentir les orages qui s’amoncelaient sur l’Eglise. Voilà ce que disentquelques auteurs, 11 m’a été impussiblc de retrouver cette lettre dans nos archives.