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Seconde partie.
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SECONDE PARTIE.

demi, nous en subissons encore aujourd’hui les effets. Alors elleprovoqua par toute la Suisse des troubles graves. Ils prouvèrent,dit d’Alt *, que les alliances avec les puissances étrangères, demême que les pensions secrètes et l’argent d’alliance, comme onl’appelle, ne sauraient procurer aucun bien au corps helvétique etqu’il aurait mieux valu que les Confédérés ne se fussent jamais im-és dans les affaires et dans les contestations de leurs voisins.

La première victime immolée à la vindicte publique, fut JeanWaldmann, de Zurich, ce bourgmaître ambitieux, qui résume ensa personne toute l’histoire de ces aristocraties naissantes. Aprèss’ètre élevé d’une condition obscure jusqu’aux postes les plus émi-nens, avec non moins de mérite que de bonheur, le contact descours le perdit. Plus d’une fois, fier de ses liaisons monarchiqueset de ses pensions, il viola les lois de l’égalité constitutionnelle,jusqu’à ce qu’enfin le peuple irrité lui fit expier son orgueil surl’échafaud. Nous verrons bientôt le même drame se^répéter au seinde la Communauté fribourgeoise, dans la personne de l’un de scspremiers magistrats.

Les paysans de Lucerne s’étant aussi mutinés, les autres villesne furent pas sans inquiétude. Berne, Fribourg, Soleure et Bicnneconclurent à Berne un traité défensif, pour le cas où la rébellion sepropagerait. On eut l’air de faire quelques concessions 2 ; mais,dit d’Alt, on ne put oublier le tendre souvenir des pensions, et cepenchant l’emporta sur tous les décrets.

L’indignation des ressortissans trouva un organe à la diète deBaden, dans le député de Schwyz. Il demanda compte des sommesqu’avaient rapportées le traité de Savoie, la prise de Granson, lacession de la Franche-Comté. Il finit par déclarer que puisque lespensions occasionaient tant de désordres, il fallait annuler l’ar-

I Tom. V, p. 348. — 2 Rcccs de la diète de Lucerne en avril et mai 1489.Tillier, Tom. II, page 373.