CHAPITRE II.
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les actes officiels 1 qui ne concernaient pas spécialement le pays ro-mand. On fit venir à cet effet un Chancelier de Moral. 11 fut éga-lement défendu de rédiger les actes publics en latin (1492).
L’allemand étant ainsi à l’ordre du jour, on supprima l’écolefrançaise des garçons et jusqu’aux prières qui se récitaient en fran-çais aux Cordeliers 2 . Plus tard on prohiba l’usage du patois, et onvoit ces efforts de l’Autorité pour germaniser la population se pro-longer jusques vers le milieu du 17 n,e siècle. Les noms de familleromands durent se plier à une forme et à une accentuation tudes-ques. Quand on ne pouvait pas en traduire le sens en allemand , ondonnait aux lettres qui les composaient la prononciation de cettelangue 3 . Mais la noblesse vaudoise, enclavée dans notre terri-toire, n’adopta pas ces transformations souvent forcées et ridi-cules.
Il n’existait plus que deux familles d’origine noble et fribour-geoise. La plus ancienne était celle des Fclga, mais tellement ap-pauvrie que Ileinzmann Felga ne put acquitter 32 florins qu’ildevait à l’hôpital pour objet de fief. On les lui remit par commi-sération. Un triste pendant à celte déchéance fut offert à la mêmeépoque par un descendant de la noble famille d’Estavaycr. Lesarchives de Romont portent que le samedi après la Purification1442, Nicolette, veuve d’Aymon, bâtard d’Estavayer, s’engagea àgarder les pourceaux de celte ville. Sept ans plus tard il existait
1 Le compte du trésorier Itamii pour 1483, est le dernier complc rédige en fran-çais. On y voit aussi figurer pour la première fois la liliilalurc de Noble hommeVuUiërne d'Avry et autres. En 1407 on fit traduire en allemand la charte de 1407,•nais non sans l’altérer en plusieurs points.— 2 En 1510 ou renvoya le prédicateurlançais, sous prétexte qu’ou ne le comprenait pas. On trouve cependant encore en1534 M. Dumont prêchant en français à Notre-Dame, où il était recteur. — * DuPerrault, par exemple, fut changé en Vont Graben, Dupré en Zurmallen,Dupaipjjgr en Vondertveid, ltcynaull on Iieynold , ltourquinet en Bourpjowcht ,Duhois en Zumholz, Landrisel en Lnnderset , Monncv en Muller, Veillard en Ail ,Lliollet en Zollel, Mélrau en Amman, Montagny en Monlenach, Rey en K a'ni g etc.Les Avry donnèrent au v de leur nom l’accent dur du J) allemand. Dus tard ils ysubstituèrent les deux 1T. Le bailli de Dont s’écrit pour la première fois en 1487Giullamne d'Afry.