Band 
Seconde partie.
Seite
68
JPEG-Download
 

08

SECONDE PARTIE.

stigmate, comme celui de Caïn, était un signe de proscription, etles victimes de la lèpre étaient considérées comme de véritablesparias. La séquestration se lésait publiquement et avec un grandappareil. Revêtu d'un drap mortuaire, le lépreux attendait au basde l’escalier de sa demeure que le Clergé vînt le prendre pour leconduire à l’église. Là était préparée pour lui une chapelle ar-dente. On lui chantait les prières des morts, avec les aspersions etencensemens ordinaires. On le conduisait ensuite hors de la ville,à la maison qu’il devait occuper. Arrivé à la porte, au-dessus delaquelle était placée une petite cloche surmontée d’une croix, lelépreux se mettait à genoux et le curé, d’une voix forte, lui inti-mait défense de sortir sans son habit de ladre et sans chaussure,de quitter sa paroisse sans congé, de passer par les ruelles étroites,de parler lorsqu’il était sous le vent, de mendier par paroles,ains avec cliquetis accoutumé , d’aller dans aucune église,moùtier, foire, marché et réunion d’hommes quelconque, deboire 1 ou laver les mains et le linge dans une fontaine ou ri-vière de ne manier ni argent ni aucune marchandise avant del’avoir achetée, si ce n’est avec les mains gantées, de toucher lesenfans ou de leur rien donner, d’habiter avec une autre femme(pie la sienne, de ne jamais se marier, s’il ne l’était pas , souspeine, dit le coutumier de Vaud, d’ètrc traité comme parjure,detre enseveli vif et tellement prendre fin 4 .

Le prêtre lui donnait ensuite le pied à baiser, lui jetait unepelletée de terre sur la tête et après avoir fermé la porte, le re-commandait aux prières des assistons. Alors le malheureux ôtaitson habit, mettait sa tartarelle de ladre, et prenait sa cliquettepour qu'à l’avenir tout le monde eut à fuir sa présence 5 .

* I.’eaii devait lui être présentée dans son écuello et versée avec un vase qui nelui appartint pas. — 2 Certaines eaux de fontaine ou do rivière étaient spéciale-ment alTectées aux lépreux.—3 Kn 1514 on bannit deux lépreux do Itourtrudlonqui s’étaient mariés clandestinement. — 4 \oy. dans le musée historique de Neu-châtel et Vnlnngin, par Matile, la forme du serment que devait prêter un lépreuxau commencement du i7 e siècle. (Tom. I. (’>. cah.) — 5 .Honteil.