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SECONDE PAItTIE.
Schinner livra aux Français, contre la foi des traités. De retouren Suisse, le Seigneur de Font voulut se venger de sa captivitéen arrêtant quelques soldats français qui passèrent sur ses terres. Unvassal de Philippe d’Eslavayé tenta de les délivrer, mais fut pris lui-même. Mcsseigneurs ordonnèrent son élargissement, sauf recoursdevant les tribunaux pour dédommagement de rançon. 11 paraît quele fameux partisan Jean von Lanthen-Heid, à qui on avait défendude lever un corps de volontaires 1 , se trouva aussi à Marignan etqu’à son retour il fut mis en prison jusqu’à l’année suivante. Fri-bourg ayant accédé à la paix de Galoura, la France trouva encore despartisans à acheter, et les bannières des Cantons flottèrent en mêmetemps dans les armées impériales et dans celles des Français. ABerne, c’était Albert de Stein et Louis d’Erlach; à Fribourg, Wal-tber Ileid et Gaspard ïecbtermann, qui recrutaient ouvertementpour les derniers. Par contre Ponlilly, Rodolphe Lovvenstein etLaupper ayant également voulu recruter à Fribourg pour l’Em-pereur, y furent arrêtés 2 . Jacob Stouder n’en prit pas moins duservice dans l’armée impériale, en qualité de Capitaine. Le Gou-venement lit de vains efforts pour rappeler en Suisse ces aven-turiers. Fridolin Marty et Louis Pavillard, de Fribourg, furent as-sociés aûx députés qu’on envoya à leur poursuite jusqu’au vald’Aoste. Louis Pavillard fut envoyé vers nos soldats qui servaient
* Il parait que ce fameux partisan inspirait beaucoup d'inquiétude au Gouver-nement. On le vit lorsque Ileid osa construire une tour à edté de la Croix-blanchoqui lui appartenait. Ou soupçonna avec raison que cette construction se liait avecdes projets d’enrdlcmcns clandestins et que l'auberge pourrait bien servir do caserne.Non-seulement il fut force de démolir cetédiliee, il fut même exproprié do l'au-berge que Mcsseigneurs lui achetèrent pour la somme de 2,000 ïiv. Son voisin ,Louis d’AITry, dut payer 110 liv. (moitié de la valeur de la tour) pour ne s’ôtre pasopposé à celte bétisse. Cependant la Croix-blanche fut rendue à Ileid quelquestemps après pour 500 liv., à condition qu’il no hdlirait rien sans permission supé-rieure. Si l’on compare à ce traitement les honneurs qu'on rendit à la lin do cesiècle à un descendant de ce Ileid, nommé Jean comme lui, lorsqu’il revenait duservice de France, on verra quel prodigieux revirement d’idées s'était opéré pen-dant cet espace de temps. — 2 II se fesait même des rccrutemens clandestins pourl'Angleterre, et je trouve dans les raissivaux, qu'on pria les llernois d'arrêter lebouclier Marty, le tailleur Krumo et autres de Fribourg, enrôlés par l’ambassadeanglaise.