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SECONDE PARTIE.
J’ai déjà dit que nous n’avions aucun établissement scientifique,et jusqu’alors les jeunes Fribourgeois avaient toujours fréquentéles universités d’Allemagne, surtout celle de Mie. Le Gouverne-ment préféra se passer de celle ressource plutôt que d’exposer lajeunesse à y puiser l’erreur avec la science. Celte séquestrationdut nécessairement tenir Fribourg arriérée dans les progrès de'l’intelligence. Nous possédions alors un des plus grands savans dusiècle , le docteur Cornélius Agrippa, de Nellcsbeiin. Il était fortlié avec le sage Abbé Trilheim et se recommandait par les appa-rences d’un adepte profondément versé dans les mystères de lamagic 1 . Dans une de ses lettres, il signale l’état stationnaire oùnous étions alors plongés 2 .
Parmi les novateurs les plus zélés de Berne, on compte maîtreFrançois Kolb, de Lürrach, qu’on a vu plus liant s’établir à Fri-bourg, en qualité de chantre, prédicateur et chapelain à St. Ni-colas. Né en 1465, selon Kuchat, à Kothelcn dans le marquisatde Baden, de bonnes éludes à Bàle lui avaient valu le grade demaître ès arts libéraux, et plus tard une chaire de professeur.
* Ileuri-C.orncillc Agrippa, contemporain île Paracelse, naequit à Nellcsheim ,dans le territoire de Cologne , le 10 Septembre 1480, etInourut à (irenolile chez lereceveur des finances de la province. Il exerça la médecine à (lenéve, où il reçutgratuitement la bourgeoisie, le 11 Juillet 1522, comme il constc par les registresdu Conseil. Il avait été successivement secrétaire de l’Empereur Maximilien, maîtrede philosophie occulte, professeur de théologie à Réle (15011—1510), de rhéto-rique à l’avie (1512), à Turin (1515), syndic de Metz (1510), médecin à Lyon,où François 1 er le nomma médecin de sa mère, Louise de Savoie, en 1524, et enlinconseiller et historiographe de Charles V. On n’est pas bien d'accord sur les cir-constances qui l’amenèrent à Fribourg en Suisse, que Mulchior Adam, son bio-graphe , confond avec Fribourg en Brisgau, comme l’a fort bien remarqué Briicker.
11 est probable que, lorsqu'il séjournaità tienève, un ami le recommanda à l'Etat deFribourg ( Accepi tuant excellentiani in Friburgensem Æsculnpitim esse nssuniptnm .lui écrivait-il), qui l'engagea comme physicien de ville en 15211. Il lie resla à Fri-bourg qu'une année. Son traitement était de 127 liv. par trimestre , un muid de purfroment, un char de vin de Lavaux et une honnête habitation. A son arrivée àFribourg, il lut témoin du supplice inlligé à un alchimiste qu'on brilla commesorcier- Ce spectacle dut le faire réfléchir. Il mourut pauvre et abandonné en1535. Son fameux ouvrage de la Fanitè îles sciences lui avait attiré beaucoupd’ennemis, non moins que sa jactance et son ambition. Ses disciples le nommèrentle Trismëfÿste. — s Ex Friburgo llelvctioruiu omui sciciitiarum cullu deserlo acdestitulo. Ep. Lih. III. p. 50.