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une promenade militaire et qui fut hautement désapprouvée parl’Empereur, ne coûta pas un seul homme aux Bernois. Elle futsingulièrement favorisée par la part active qu’y prirent la Franceet le Valais, en attaquant simultanément la Savoie de deux côtésopposés. Gaspard Mclzelten et J. Kalbermallen, députés du Va-lais avaient reçu ordre de passer par Fribourg et de s'entendreavec nous avant de se rendre à Berne. Cette conquête nous valutun grand agrandissement de territoire, mais elle acheva de nousbrouiller avec les Bernois, à qui nous en voulions déjà depuis laréforme. D’autre part, les habitans de Moudon s’étaient plaints àeux de ce que nous avions pris possession de Komont, ltue etSurpierre , et ceux de Payerne de ce que nous avions occupéBaume , Bransicr, Missy et Trey, qui étaient dans la dépendancede l’abbaye.
L’armée bernoise, après avoir pris Chillon et délivré l’illustreBonnivard , non contente d’avoir dépouillé le Duc de Savoie detoutes ses possessions dans le pays de Vaud, s’empara encore decelles qui appartenaient à l’Evêque de Lausanne pour punir ceprélat de l’intérêt qu’il avait pris à la cause du Duc a .' A l’ap-proche des Bernois, Sébastien de Monlfaucon quitta Lausanne et
1 A. Affaires ecclés. N° 147. — 2 Voici la lettre qu’il avait adressée à Curlilles,son bailli de Vcvey :
« Monsieur le bailli.
Je. vous yem bien averlir comme aujourd’hui suis arrivé ici pour venir voir messujets et pour les faire mettre eu ordre, tant pour la manutention de la foy, quede mon siège et pays et au soir ay eu des nouvelles, comme le capitaine colonelest arrivé à Mortes avec une belle bande d’Italiens bien eu ordre et a commandépartout de là le lac pour avoir des (rens pour aller au devant de ceux de lterne pourleur donner bataille, si qu’il me semble que nous devons tous nous aider et allerlà où sera le grand flou; car si d’aventure nous perdions (ce que Dieu ne veuille)le pays, les villes ne pourront plus après résister. Il ue faut point faire comme lesRomains firent quand feu de llourbon prit Home. Car chacun se voulait (tarder sonpalais, ce qui fut cause de leur ruine. Et de ce ay bien voulu vous avertir, aliuque, si bon vous semble, le ronnniiiiiquicz à ceux de Vevey et aux lieux circon-Voisins, et de mou côté ne resterai point que je ne fasse mon devoir. Que si vousavez quelques nouvelles, je vous prie m’en avertir, faisant lin à ma lettre, aprèsm’étre recomniaudé à vous de bien bon coeur et par X. S. vous donne ce que vousdésirez. Donné à (ilcrollc, le 20 janvier de l’an 153(>.
Le bien nuire, /'Evêque de Lausanne. »
Cette lettre tomba par hasard ou par trahison dans les mains des Rémois.