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SECONDE PARTIE.
en procession; un Jong discours fut prononcé et un banquet of-fert à Messeigneurs. Il fut décidé que le nouvel établissement necauserait aucun préjudice à l’ancienne école, cl que celle-ci se-rait maintenue pour que les enfans y apprissent à lire, enseigne-ment dont les Jésuites ne se chargeraient pas. La surveillance duCollège fut confiée a une commission, dont le trésorier Gottrowet Guillaume Kroumenstoll firent partie. La bâtisse traîna en lon-gueur et fut même plusieurs fois interrompue, tant faute de ma-tériaux, qu’à cause des travaux de fortifications *. Les Jésuitesfirent transporter à Fribourg, par eau, la toiture de Marsens. Ilsdurent intenter un procès aux censitaires de l’ancien couvent, quirefusaient de s’acquitter. La première comédie fut jouée en 1586,et la distribution des prix, qui eut lieu à la St. Michel, se fil enpièces d’argent. Grâce à la donation d’une demoiselle Missello, laconstruction put s’achever en 1596. Les RR. PP. demandèrentqu’on y fit une clôture du côté de la rue de Morat, pour ne pointdonner prise à la calomnie.
L’établissement du Collège donna lieu à beaucoup de correc-tions dans le voisinage. On combla le fossé de Jaquemart, on dé-blaya l’avenue du Collège, on construisit le chemin dit escalierborgne. De nouvelles donations vinrent en aide à l’ordre. Le Roide France, intéressé à ce que la jeunesse fribourgeoise n’allât paspuiser en Allemagne des idées anti-françaises, fit au nouveauCollège un don de 3000 livres. M me Moulet lui vendit son jardin,Marguerite Julliard lui légua son domaine du Guintzct, etc.
La suite de cette histoire fera voir si le Gouvernement retiradu Collège tous les avantages qu’il en attendait. Ce qu’il y a desür, c’est qu’en appelant les Jésuites dans le Canton, il renditplus difficiles ses relations avec nos voisins réformés et donna,sans s’en douter, un auxiliaire redoutable au pouvoir spirituel,
1 Le Prévôt Schneuwly s'y intéressait avec tant d'insistance , qu’on trouve sou-vent dans les comptes du trésorier les subsides pour la lidtissc, indiqués ainsi : en *core pour le Collège , pour avoir la paix avec M. le Vicaire-général.