CHAl'ITltK IX.
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Les députés des Gantons réformés parvinrent heureusement à con-jurer cet orage, sans violence. Ce succès fut aussi dû en partie àl’attitude menaçante que prit le Bernois, M. d’Erlach de Castelen,général des troupes françaises stationnées aux frontières (1641) i .
On se traînait toujours dans la houe pour la France qui se gê-nait peu avec les valets qu’elle soudoyait. Elle violait les traités ,haussait le tarif des péages, employait nos auxiliaires hors duroyaume, défaisait et réformait arbitrairement les compagnies, nepayait ni les pensions publiques, ni les particulières, ni les boursesstipulées pour les étudians et ne répondait à toutes les réclamationsque par des promesses évasives, qu’elle n’était nullement disposéeà accomplir 2 . Son Ambassadeur traitait les magistrats suissesd’autant plus cavalièrement que ceux-ci se montraient plus lâches,plus obséquieux. Jamais nation ne s’était encore avilie si bas.Les treize Gantons consentirent même à servir do parrains aufils de Caumartin, tant ce canal des faveurs pécuniaires leur in-spirait de vénération !
Qui l’eût cru toutefois? La guerre européenne en dépeuplantle pays 3 et la légation française en le démoralisant, quelque dé-sastreux que fussent ces deux fléaux, avaient encore un côté utile.Le péril commun faisait taire les dissensions intestines, et, plus d’unefois, l’Ambassadeur s’entremit avec succès pour maintenir la paix.On en vit un exemple frappant dans les rivalités religieuses, quisurgirent en Thurgovie en 1645, et à l’occasion desquelles leJésuite Ilenscher, de Fribourg, publia un libelle contre Berne 4 .
1 Xillier. — 2 La Diète ayant décidé qu’une députation irait représenter direc-tement au roi les nombreuses contraventions qu’on se permettait aux traités exis-tais, M. Caumartin chercha à dissuader notre Gouvernement d’y prendre part.M. le chevalier Jtlontenach n’en fut pas moins désigne pour représenter Fribourg,dans cette circonstance. L’Avoyer Konig, délégué à Bruxelles pour l’affaire dessels, devait aussi passer par Paris et tâcher d’obtenir une audience. Tout cela se fità l’insu de Caumartin qui en fut très-piqué. — 3 Un fut frappé en 1643 du granddécroissement de la population. Ce fut cette même année que beaucoup de commu-niers de Vuippens, séduits par des promesses fallacieuses, émigrèrent en Bourgogne.D’autres eussent suivi cet exemple, si le Gouvernement n’était intervenu. — 4 C’étaità qui attiserait l’incendie, lin ministre réformé, nommé de Rouvray, s’étant converti
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