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TROISIEME PARTIE.
qu’un gentilhomme bernois lui avait présenté deux lettres decréance, l’une pour le Petit, l’autre pour le Grand Conseil, et sol-licitait au plus tôt une audience, quia periculum in mora. Cegentilhomme bernois, c’était le trésorier Murait, logé au Cheval-blanc. Le lendemain samedi (jour de fête), on le fit chercher par •deux membres du Petit Conseil, deux bannerels, deux membresdu Grand Conseil et Mr. Gross. On le défraya et lui tint compa-gnie à dîner. Il fut aussi reçu par le Grand Conseil et obtint faci-lement la coopération désirée 1 . Mr. de Séedorf fut chargé del’accompagner auprès du maréchal de Teste 2 et du marquis deSalles, chefs des deux armées.
Ils remirent au premier un mémoire contre l’invasion de la Sa-voie par l’armée française; mais celle-ci n’y eut aucun égard.
Alors Berne et Fribourg s’efforcèrent d’intéresser Zurich et Lucerneà cette affaire et de menacer la France d’une alliance avecla Savoie. Mais la France n’en poussa pas moins ses conquêtes,en quoi la trahison du colonel Keding lui vint en aide. '
Au mois d’Aoùt 1706, Lucerne, Uri, Unterwalden, Zug et Fri-bourg prirent part aux capitulations conclues avec l’Espagne. Ladéputation fribourgeoise, qui avait ordre de ne jurer cette allianceque lorsque tous les cantons catholiques y auraient adhéré, avaitété obligée de demander de nouveaux ordres, parce que Schwylzse tint à l’écart.
Pendant ce temps s’étaient rapidement développés les germesde la guerre civile. L’observateur attentif ne peut méconnaîtrel’extrême ressemblance que présente cette époque avec celle touterécente du Sonderbund. Mêmes passions, mêmes causes, mêmeseffets se manifestent presque sous les mêmes formes. On s’en con- *vaincra par les rapides détails dans lesquels nous croyons devoirentrer.
1 À. C. Tillicr. — 3 D’autres disent le maréchal de la Feuillade, ce qui est plusprobable; car Teste se trouvait alors en Catalogne. Biogt'. univ» de Michaud.