Band 
Troisième partie.
Seite
212
JPEG-Download
 

212

TROISIEME PARTIE.

il dit, « les soldats suisses en France étaient réduits, par la misère,à voler et piller sur les roules. Quel sera leur sort aujourd’hui quela France est ruinée par la guerre et l’invasion? D’ailleurs la courde France ne s’est jamais gênée pour enfreindre les clauses descapitulations, toutes les fois qu’elle y a trouvé sou profit. Outrequ’il ne payait pas nos soldats, Louis XIV les employait à des ser-vices non stipulés. Louis XV leur fit passer le Rhin pour aller as-siéger Frihourg en Brisgau. A Toulon, on tourna les canons contreeux, pour les forcer à s’embarquer pour la Corse. »

» Qu’on ne vienne pas non plus nous dire que nous avons be-soin de la protection de la F"rance. Qu’on cite un seul roi de cettenation, qui ait pris les armes pour nous défendre? Serait-ce peut-être Louis XI qui, après nous avoir brouillé avec Charles deBourgogne, contre lequel il nous avait promis assistance, nousabandonna dans le danger et nous fit généreusement complimenteraprès la victoire? Serait-ce Louis XII qui ne fit rien pour noussoutenir contre Maximilien, pendant la guerre de Souabe? Fera-t-on valoir l’intervention de Louis XIII en faveur des Grisons ? J’a-jouterai alors que ceux-ci, poussés à bout par les vexations, l’or-gueil et l’insolence de leurs protecteurs, préférèrent se jeter entreles bras des Autrichiens et des Espagnols. Les Suisses ont protégéla couronne de Charles IX, et replacé Henri IV sur le trône. Maispas un monarque français n’a fait rien que ce soit pour fonder ouconserver notre indépendance. Bien au contraire : la France nousa surpris, envahis, pillés, asservis, et par l’acte de médiation, ascellé notre servitude. »

Cet éloquent plaidoyer, que nous avons été obligé de retraduirede l’allemand, ne fitaucune impression sur des Fribourgeois abâtardis,avides de pensions et de titres. Soixante et onze voix contre dix-huit décidèrent que le service étranger était avantageux.