CHAPITRE IX. 279
été extorqués par la comminalion, comme ceux qu’on avait attri-bué à Henzi et à ses compagnons 1 .
Soit que toutes ces dispositions ou seulement les principalesaient étéapprouvées par l’assemblée générale, toujours est-il que toutle monde fut d’accord pour surprendre la ville et exiger le redres-sement des griefs, à main armée. A la suppression des fêtes, s’enjoignirent d’autres plus positifs. Ils portaient sur les usurpations dupatricial, la nomination des bannerets enlevée au peuple, l’aug-mentation du prix du sel, l’entretien d’une garde soldée dans la ca-pitale , le monopole des emplois et des places d’officiers au servicede France, les corvées imposées aux anciennes terres, la difficultéd’obtenir des passe-ports, l’impôt d’absence, les droits enlevés auxcommunes, les droits de douane, l’augmentation de la traite fo-raine, l’impôt communal, l’augmentation du péage pour les fer-mages, le rejet des pétitions, l’accueil brutal fait aux réclamants,l’expropriation des communes, etc.
Dans une lettre écrite, sous date du 2 Mai, par le bailli d’Aven-ches, Gralfenried, au gouvernement de Berne, la cause du soulè-vement est attribuée à l’accaparement par le fisc d’une forêt dansla comté de Gruyères, de la contenance de 800 poses et de cequ’il exigeait pour le renouvellement du bail 2 louis neufs parpose. La commune devait en outre payer 2 mesures de seigle partête de bétail, pour la jouissance des communs. Elle protestaitcontre cet impôt, prétendant être seul propriétaire de ces terres,en vertu de titres accordés par les ducs de Zâhringen 2 .
Il y avait, comme on voit, plus qu’il ne fallait pour motiver uneprise d’armes. L’agitation, produite dans le canton par tous cessujets de mécontentement, fixa la sérieuse attention du gouverne-ment. Il nomma une commission secrète, composée des deuxavoyers, des conseillers Odet, Montenach , Maillardoz, Caslella,
1 On en voulait surtout à l’avoycr Werro , au conseiller Odel et au bannerel Fé-guely. — 2 Archives de la chambre secrète de Berne.