CHAPITRE IX.
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hâte demander du secours à Berne, et Joseph Wild à Morat. Go-del, sergent de la garde, qui se tenait ordinairement devant lachambre où la commission siégeait, à la maison-de-ville, fut chargéd’aller à Gruyères porter des ordres au bailli. Il fut arrêté à 5heures du matin, à l’entrée du bourg de la Tour, par des hommesarmés qui voulurent savoir qui il était et où il allait L Sur son re-fus de répondre, ils l’emmenèrent au cabaret de St. Georges (àGruyères), dans une chambre d’en-haut, où Chenaux et Castellaétaient en conférence. Là il fut fouillé par l’avocat, et on trouva surlui la lettre de LL. EE., avec le signalement de Chenaux et la pro-messe d’une récompense à qui le livrerait. Celui-ci le lut lui-même,puis dit avec mépris : Quoi seulement cent louis? on m avaitdit six mille écus-bons , je les vaux bien. J’irai moi-mêmeà Fribourg. Sur quoi, il déchira le signalement et le foula auxpieds. Quant aux dépêches scellées, dont Godel était porteur,elles furent respectées et remises au bailli. Celui-ci n’avait alorsauprès de lui que le châtelain Geinoz et le curial Dupré. Le pre-mier lui indiqua un sentier pour sortir du château inaperçu. Ilpassa par Broc et gagna heureusement Fribourg 2 . Il écrivit auconseiller Odet qu’il attendrait jusqu’au 4 Mai; et que si on lui ac-cordait un sauf-conduit, ainsi qu’à sa troupe, il ne commettraitaucune hostilité. Cette lettre, datée du 2 Mai 3 , fut transmise parMr. Bielmann que Chenaux lit escorter 4 , et lue aux Deux-cent,dans la séance du 3 Mai. Joignant la ruse à l’audace, il écrivit enmême temps à sa femme, à la Tour, que les représentationsavaient été accueillies, hormis une seule; que, pour la faire va-loir, il fallait que tout le monde descendit en armes sur Fribourg 5 .Chenaux, de son côté, s’était rendu avec une forte escorte à Po-sieux , hameau situé à deux lieues de la capitale , où il avait donnérendez-vous aux insurgés. « L’alarme devenue déjà générale daosle pays de Gruyères et dans le voisinage , dit la relation officielle,
4 Relation officielle.— s Manuscrit de Diesbach.— 3 Elle est citce textuellementdans le Tocsin fribourgeois, 2de édition, page 27.— t Relation officielle.— 5 Ibid.