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TROISIÈME PARTIE.
On se convainquit, le jour suivant, que le bailli de Gruyèresn’avait jamais été arrêté, ni gardé à vue par les insurgés. Seule-ment quatre hommes armés avaient attendu à la porte du châteauque Godel en sortît pour le prendre.
Le gouvernement était toujours tenu en émoi par de nouveauxavis sur le mécontentement général des campagnards qui se plai-gnaient de n’être pas écoutés. Les chefs de l’opposition, proscrits,traquas partout, n’en parvenaient pas moins à faire entendre leursvoix accusatrices. Ils réclamaient l’intervention des représentants,mais le gouvernement la repoussait, comme attentatoire à sa sou-veraineté, et les aristocraties des grands cantons se devaient tropde ménagement, pour qu’on n’en eût pas pour celle de Fribourg.Aussi les représentants déclarèrent-ils, sous date du tO Mai, qu’ilsn’étaient venus que pour soutenir le gouvernement de Fribourgcontre les rebelles et qu'ils renvoyaient ceux-ci à leurs juges na-turels. En même temps, on publia le manifeste suivant :
« Nous l’Avoyer, Petit et Grand Conseil de la ville et républiquede Fribourg. »
« Si les troubles qui ont agité dernièrement une partie de notreEtat et les attentats commis contre l’autorité souveraine ont excitéen même temps notre douleur et notre indignation, la divine Provi-dence a daigné nous ménager et nous procurer des motifs bien sa-tisfaisants de consolation et de contentement, soit par les preuvesles plus convaincantes de l’amitié confédérale et les secours promptset puissants de nos très-chers alliés, combourgeois et confédérés,soit par les marques distinguées de l’attachement, de l’amour et dela fidélité, de la meilleure et de la plus saine partie de nos cherssujets, qui par là se sont acquis de nouveaux droits à notre recon-naissance, bienveillance et protection souveraine, dont nous nousempresserons de leur faire ressentir les effets dans toutes les occa-sions qui se présenteront. »
« Un autre motif bien propre à calmer notre douleur, c’est que