CHAPITRE IX.
305
donné des conseils à la bourgeoisie. Werro soutint que les deuxtiers de celle-ci ne pensaient pas comme les commis *. Le lende-main, on s’emporta avec la dernière inconvenance contre ces der-niers, qui, comme nous le dirons bientôt, avaient cru que le mo-ment était favorable pour réclamer une communauté de droits.
Ces explosions de haine prouvaient de quels sentiments étaientanimés les gouvernements.
Au lieu de déférer à la juste demande des pétitionnaires, onles renvoya à la municipale, aux lettres d’abbayes et de bour-geoisie, ainsi qu’à l’usage.
Les représentants français insistèrent sur la production deschartes fondamentales et se plaignirent en même temps des pré-cautions injurieuses prises contre eux, le jour de la St. Jean 2 ,
La bourgeoisie allemande fit moins une représentation qu’uneadresse de dévoûment. Celle-ci fut d’autant mieux accueillie, qu’elleétait plus rampante et impliquant, pour ainsi dire, la reconnais-sance du palriciat. Elle portait les signatures des messagers Da-guet, Loffing, Piccand, du chaudronnier Gross et de plusieursbourgeois, tant de la ville que des paroisses allemandes. Le gou-vernement en fut si enthousiasmé, que peu s’en fallut qu’on accor-dât immédiatement la bourgeoisie secrète à tous les signataires.En attendant, on consentit à l’accorder à 12 ou 15 familles, tantde la ville que des anciennes terres, vu que la moitié des famillespatriciennes était éteinte depuis 1684. Huit missi dominici ,nommés par les boulettes derrière le rideau , furent chargésd’entendre les sujets, d’exprimer à ceux qui se seraient bien con-duits la satisfaction de LL. EE., aux autres l’espoir qu’ils feraientmieux. Cette mission fut réglée comme suit : Un conseiller et lebanneret du quartier, pour chaque département des 24 paroisses;
1 Mémoires de Diesbach. — 2 Dès la veille, on avait fait consigner la garnisondans ses quartiers respectifs. Plusieurs Deux-cent se vantèrent môme de s’ôlre muuisde pistolets aux Cordeliers.
20