CHAPITRE IX.
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La même année avait paru la seconde lettre adressée à la Con-fédération helvétique, en faveur de la bourgeoisie générale et detout le peuple du canton de Fribourg, 19 Avril.
Appelés par la conférence de Morat à s’expliquer, les commisdelà bourgeoisie, Fontaine, Monnerat, Galley et Winckler, et ceuxdes 24 paroisses, Yendly, de Guin, et Nie. Auderset, de Cressier,déclarèrent qu’ils ne pouvaient pas articuler leurs griefs sans con-sulter les titres , dont on refusait l’exhibition ; que, dans tous lescas, les Deux-cent ne tenaient leur pouvoir que de la commu-nauté. Ils demandèrent aussi à Mulinen les imprimés allemands quiavaient été saisis à Berne. Ce satrape de l’aristocratie leur répon-dit que son Etat ne rendait compte à personne de ses actions 1.
Le 23 Juin, les bannières furent convoquées à l’abbaye desMarchands. Là, le conseiller Python remit à Cornu, secrétaire dela bannière du Bourg, une copie du titre de 1553, dûment vidiméeet signée. Celte séance offrit quelques incidents remarquables. Lebanneret Gottrau ayant demandé si quelqu’un avait des proposi-tions à faire, Emmanuel Maillardoz dit : « Mes très-honorés Sei-» gneurs ! La bourgeoisie ne demande que ses anciens droits, et» voilà tout. » C’était beaucoup, mais on fit semblant de ne pascomprendre.
Plusieurs bourgeois, entr’autres Frémiot, père, Richard, lejeune, Ducrest et Fontaine, neveu de l’avoyer Gady, prirent suc-cessivement la parole, avec permission et beaucoup de dé-cence , disent les mémoires de Diesbach, les uns pour se plaindredes précautions qu’on paraissait vouloir prendre pour le lendemain,comme à la St. Jean de l’année passée; d’autres dirent que l’actede 1553 différant de celui de 1404, il importait à la bourgeoisiede connaître aussi ce dernier. On protesta contre les baïonnettes,
1 II existe à la bibliothèque Mulinen, à Berne, un carton spécial, relatif aux trou-bles de Fribourg , en n82. Ce recueil provient du député à la conférence. Nousen avons inutilement sollicité la communication , dans l’intérêt de la vérité et del’histoire. On nous a répondu que c’étaient des papiers de famille.