TROISIEME PARTIE.
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les clés de celle de Romont. Il fallut en faire enlever les gonds.
Les Français, auxquels s’étaient joints des Vaudois 1 ei desFribour-geois, entrèrent par les deux portes supérieures 2 , pendant que lesBernois évacuaient la ville par la porte de Berne. Les milices exas-pérées se croyaient trahies et menaçaient de se venger, tirant aveu-glément sur tous ceux qu’elles rencontraient, ou qui se montraient }seulement aux croisées. Elles avaient sorti des canons de l’arsenal 'et les faisaient rouler devant elles en bas le Stalden. Les auxiliairesbernois, sous le commandement du colonel Stettler, s’étaient re-tirés à temps, Pigeon ayant stipulé qu’ils seraient prisonniers deguerre 3 . Les habitants, doublement effrayés et par les menacesde la garnison en retraite et par les rapports exagérés qu’on leuravait fait sur les dispositions hostiles des Français, attendaient avecanxiété l’issue des événements, sans oser sortir de chez eux. Ceuxqui crurent échapper au danger par la fuite furent dépouillés parles maraudeurs. Les dragons défilèrent les premiers par la rue deLausanne, à travers de rares curieux, stationnés sous la tille. L’oc-cupation eut lieu sans désordre : quelques excès isolés furent com-mis aux environs de la ville. Toutes les fenêtres étaient pavoiséesde rideaux verts. Chacun portait la cocarde verte ou tricolore :les bourgeoises l’avaient fixée au sommet de la tête, sur leurs tresses,avec une épingle. Les rues fourmillaient de militaires en uniformebleu, portant encore les guêtres, le tricorne et la queue. Sur cesentrefaites, les milices, auxquelles s’étaient joints plusieurs bour-geois, s’étaient massées sur les hauteurs du Schônenberg, d’où ellescanonnèrent la ville, pendant quelques heures. Elles furent bientôtmises en fuite. C’était fa première fois, depuis sa fondation, que Fri-bourg se voyait prise et occupée par une armée étrangère.
1 L’historien bernois cite avec orgueil la réponse d’un officier patricien au géné-ral vaudois de Bons , qu’il rencontra dans l’antichambre de Schauenbourg, sans lesaluer, bien qu’ils eussent jadis servi ensemble. Ne me reconnaissez-vous plus? luidemanda de Bons. Je ne reconnais aucun officier suisse au service de l’ennemi, ré-pondit le Bernois. Mais comment Mr. TiHier apprécic-t-il les officiers suisses , quiservaient en Autriche, en 1814? —• 3 II y en eut même qui descendirent par leEertuis. — 3 Tillier.