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le droit de la Franco sans blesser la nationalité de l’Allemagne ,c’était là le beau problème dont celui qui écrit cos lignes avait,dans sa course sur le Rhin , cru entrevoir la solution. Une lois quecette idée lui apparut, elle lui apparut non comme une idée,mais comme un devoir. A son avis, tout devoir veut être rempli.Lorsqu’une question qui intéresse l’Europe , c’est-à-dire l’humanitéentière, est obscure, si peu de lumière qu’on ait, on doit l’apporter.La raison humaine, d’accord en cela avec la loi Spartiate, oblige,dans certains cas, à dire l’avis qu’on a. Il écrivit donc alors, enquelque sorte sans préoccupation littéraire, mais avec le simple etsévère sentiment du devoir accompli, les deux cents pages qui ter-minent le second volume de cette publication, et il se disposa à lesmettre au jour.

Au moment de les faire paraître, un scrupule iui vint. Que si-gnifieraient cos deux cents pages ainsi isolées de tout le travail quis’était fait dans l’esprit de l’auteur pendant son exploration duRhin ? N’y aurait-il pas quelque chose do brusque et d’étrange dansl’apparition de cette brochure spéciale et inattendue? Ne faudrait-ilpas commencer par dire qu’il avait visité le Rhin , et alors no s’éton-nerait-on pas à bon droit que lui, poète par aspiration, archéologuepar sympathie, il n’eût vu dans le Rhin qu’une question politiqueinternationale? Éclairer par un rapprochement historique unequestion contemporaine, sans doute cela peut être utile; mais leRhin , ce fleuve unique au monde, ne vaut-il pas la peine d’être vuun peu pour lui-même et en lui-môme? Ne serait-il pas vraimentinexplicable qu’il eut passé, lui, devant ces cathédrales sans y entrer,devant ces forteresses sans y monter, devant ces ruines sans lesregarder, devant ce passé sans le sonder, devant cette rêverie sanss’y plonger? N’est-ce pas un devoir pour l’écrivain, quel qu’il soit,d’être toujours adhérent avec lui-même, et sibi constet, et de no passe produire autrement qu’on ne le connaît, et de ne pas arriverautrement qu’il n’est attendu? Agir différemment, no serait-ce pasdérouter le public, livrer la réalité même du voyage aux doutes etaux conjectures, et par conséquent diminuer la confiance?

Ceci sembla gra.ve à l’auteur. Diminuer la confiance à l’heuremême où on la réclame plus que jamais; faire douter de soi, sur-tout quand il faudrait y faire croire; ne pas rallier toute la foi deson auditoire quand on prend la parole pour ce qu’on s’imagine êtreun devoir, c’était manquer le but.

Les lettres qu’il avait écrites durant son voyage se présentèrent