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I.
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LE H H IN.

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dehors, il y a une harmonie étrange et profonde entre cegrand homme et cette grande tombe.

J’étais impatient d’entrer.

Après avoir franchi la voûte du portique et laissé der-rière moi les antiques portes de bronze ornées à leurmilieu d’une tète de lion et coupées carrément pours’adapter à des architraves, ce qui a d’abord frappé monregard, c’est une rotonde blanche à deux étages, éclairéepar le haut, dans laquelle s’épanouissent de tous côtéstoutes les fantaisies coquettes de l’architecture rocaille etchicorée. Puis, en abaissant mes yeux vers la terre, j’aiaperçu au milieu du pavé de cette rotonde, sous le jourblafard que laissent tomber les vitres blanches, une grandelame de marbre noir, usée parles pieds des passants, aveccette inscription en lettres de cuivre :

CAROLO MAGNO.

Rien de plus choquant et de plus effronté que cettechapelle rococo, étalant ses grâces de courtisane autourde ce grand nom carlovingien. Des anges qui ressemblentà des amours, des palmes qui ressemblent à des panaches,dos guirlandes de fleurs et des nœuds de rubans, voilà ceque le goût Pompadour a mis sous le dôme d’Othon III etsur la tombe de Charlemagne .

La seule chose qui soit digne de l’homme et du lieudans cette indécente chapelle, c’est une immense lampecirculaire à quarante-huit becs, d’environ douze pieds dediamètre, donnée au douzième siècle par Rarberousse àCharlemagne . Cette lampe, qui est en cuivre et en argentdoré, a la forme d’une couronne impériale; elle est sus-pendue à la voûte, au-dessus de la lame de marbre noir,par une grosse chaîne de fer de quatrevingt-dix piedsde long.

La lame noire a environ neuf pieds de longueur sur septde largeur.

Il est évident du reste que Charlemagne avait à cettemême place un autre monument. Rien n’annonce que ladalle noire, encadrée d’un maigre filet de cuivre et entou-rée d’une bordure de marbre blanc, soit ancienne. Quant