AIX-LA-CIIAPELLE.
97
demi-nue de la jeune fille, qui se renverse en arrière etdont la tête échevelée rencontre la figure droite et impas-sible de Minerve casquée. Pluton emporte Proserpine , àlaquelle Minerve, la conseillère, parle bas à l’oreille.L’Amour souriant est assis sur le char entre les jambescolossales de Pluton. Derrière Proserpine se débat selonles lignes les plus fières et les plus sculpturales le groupedes nymphes et des furies. Les compagnes de Proserpine s’efforcent d’arrêter un char attelé de deux dragons ailéset ignivomes qui est là comme une voiture de suite. Dnedes jeunes déesses qui a saisi hardiment un dragon parles ailes lui fait pousser des cris de douleur. Ce bas-reliefest un poème. C’est de la sculpture violente, vigoureuse,exorbitante, superbe, un peu emphatique comme en fai-sait la Rome païenne, comme en eût fait Rubens .
Ce cercueil, avant d’ctre le sarcophage de Charlemagne ,avait été, dit-on, le sarcophage d’Auguste .
Enfin, par un autre escalier étroit et sombre qu’ontmonté depuis six siècles bien des rois, bien des empereurs,bien des passants illustres, mon guide m’a conduit jusqu’àla galerie qui forme le premier étage de la rotonde etqu’on appelle le Ilochmunster.
Là, sous une armure de bois qu’il a enlevée à demi et quine tombe jamais entièrement que pour les visiteurs cou-ronnés, j’ai vu le fauteuil de pierre de Charlemagne . — Cefauteuil, bas, large, à dossier arrondi formé de quatre lamesde marbre blanc nues et sans sculptures, assemblées pardes chevrons de fer, ayant pour siège une planche de chênerecouverte d’un coussin de velours rouge, est exhaussé sursix degrés, dont deux sont de granit et quatre de marbreblanc.
Sur ce fauteuil, revêtu des quatorze plaques byzantinesdont je vous parlais tout à l’heure, au haut d’une estrade depierre à laquelle conduisaient ces quatre marches demarbre blanc, la couronne en tète, le globe dans une mainet le sceptre dans l’autre, l’épée germanique au côté, lemanteau de l’empire sur les épaules, la croix de Jésus-Christ au cou, les pieds plongeant au sarcophage d’Auguste, 'l’empereur Charlemagne était assis dans son tombeau. 11est resté dans cette ombre, sur ce trône et dans cette atti-
i.
7