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de saint Cunibert; ni le tombeau de Duns Scotus dansl’église des minorités; ni le sépulcre de l’impératriceThéophanie, femme d’Othon II, dans l’église de Saiot-Pan-taléon; ni le Maternus-Gruft dans l’église de Lisolphe; niles deux chambres d’or du couvent de Sainte-Ursule et duDôme; ni la salle des diètes de l'empire, aujourd’huientrepôt de commerce ; ni le vieux arsenal, aujourd’hui ma-gasin de blé. Je n’ai rien vu de tout cela. C’est absurde,mais c’est ainsi.
Qu’ai-je donc visité à Cologne ?La cathédrale et l’hôtel deville; rien de plus. 11 faut être dans une admirable villecomme Cologne pour que ce soit peu de chose. Car ce sontdeux rares et merveilleux édifices.
Je suis arrivé à Cologne après le soleil couché. Je me suisdirigé sur-le-champ vers la cathédrale, après avoir chargéde mon sac de nuit un de ces dignes commissionnaires enuniforme bleu avec collet orange, qui travaillent dans cepays pour le roi de Prusse (excellent et lucratif Iravail, jevous assure; le voyageur est rudement taxé, et le commis-sionnaire partage avec le roi). Ici, un détail utile : avantde quitter ce brave homme (le commissionnaire), je lui aidonné l’ordre, à sa grande surprise, de porter mon bagage,non dans un hôtel de Cologne , mais dans un hôtel deDeuz,qui est une petite ville de l’autre côté du Rhin jointe àCologne par un pont de bateaux. Voici ma raison : je choisisautant que possible l’horizon et le paysage que j’aurai dansma croisée quand je dois garder plusieurs jours la mêmeauberge. Or les fenêtres de Cologne regardent Deuz, et lesfenêtres deDeuz regardent Cologne ; ce qui m’a fait prendreauberge à Deuz, car je me suis posé à moi-même ce principeincontestable : Mieux vaut habiter Deuz et voir Cologne qu’habiter Cologne et voir Deuz.
Une fois seul, je me suis mis à marcher devant moi,cherchant le Dôme et l’attendant à chaque coin de rue.Mais je ne connaissais pas cette ville inextricable; l’ombredu soir s’était épaissie dans ces rues étroites; je n’aimepas à demander ma routp, et j’ai erré assez longtemps auhasard.
Enfin, après m’être aventuré sous une espèce de portecochère dans une espèce de cour terminée vers la gauche