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LE RlUN.
cliivoltes des profils de scies et de mâchoires ouvertes; degrosses douves ventrues tombées tout d’une pièce, ou,pour mieux dire, couchées sur le flanc comme si ellesétaient fatiguées de se tenir debout. — Voilà le Rlieinfels.On voit cela pour deux sous.
Il semble que la terre ait tremblé sous cette ruine. Cen’est pas un tremblement de terre, c’est Napoléon qui y apassé. En 1807, l’empereur a fait sauter le Rheinfels .
Chose étrange ! tout a croulé, excepté les quatre mursde la chapelle. On ne traverse pas sans une certaine émo-tion mélancolique ce lieu de paix préservé seul au milieude cette effrayante citadelle bouleversée. Dans les em-brasures des fenêtres on lit ces graves inscriptions, deuxpar chaque fenêtre : Sanctus Franciscus de Paula vixit 1500.Sanctus Franciscus vixit 1526. — Sanctus Dominicusvixit... (effacé). Sanctus Alberlus vixit 1292. — SanctusNorbertus, 1150. Sanctus Bernardus, 1139. — SanctusBruno , 1115. Sanctus Benediclus, 11/|0. — Il y a encore unnom effacé; puis, après avoir ainsi remonté les siècleschrétiens d’auréole en auréole, on arrive à ces trois lignesmajestueuses : — Sanctus Basüius magmis, episc. Cœsa-reœ Cappodoci, maç/ister monachorum orientuitum, vixitanno 372. — A côté de Basile le Grand , sous la portemême de la chapelle, sont inscrits ces deux noms : SanctusAntonius magnas. Sanctus Paulns eremila. — Voilà tout ceque la bombe et la mine ont respecté.
Ce château formidable,, qui s’est écroulé sous Napoléon ,avait tremblé devant Louis XIV. L’ancienne Gazette deFrance , qui s’imprimait au bureau de l’Adresse, dans lesentresols du Louvre, annonce, à la date du 23 janvier 1693,que « le landgrave de Hesse-Cassel prend possession de laville de Saint-Goar et du Rheinfels à lui cédés par le land-grave Frédéric de Hesse, résolu d’aller finir ses jours àCologne ». Dans son numéro suivant, à la date du 5 février,elle fait savoir que « cinq cents paysans travaillent avecles soldats aux fortifications du Rheinfels ». Quinze joursaprès, elle proclame que « le comte de Thingen fait tendredes chaînes et construire des redoutes sur le Rhin ». Pour-quoi ce landgrave qui s’enfuit? Pourquoi ces cinq centspaysans qui travaillent mêlés aux soldats? Pourquoi ces