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44 LE RIIIN.
XVIII. Où les esprits graves apprendront quelle est la plus imper-tinente des métaphores.
XIX. Belles et sages paroles de quatre philosophes à deux piedsornés de plumes.
Je vous ai promis quelqu’une des légendes fameuses duFalkenburg, peut-être même la plus belle, la sombreaventure de Guntram et de Liba. Mais j’ai réfléchi. A quoibon vous conter des contes que le premier recueil venuvous contera, et vous contera mieux que moi? Puisquevous voulez absolument des histoires pour vos petits en-fants, en voici une, mon ami. C’est une légende que dumoins vous ne trouverez dans aucun légendaire. Je vousl’envoie telle que je l’ai écrite sous les murailles mêmesdu manoir écroulé, avec la fantastique forêt de Sonn sousles yeux, et, à ce qu’il me semblait, sous la dictée mêmedes arbres, des oiseaux et du vent des ruines. Je venais decauser avec ce vieux soldat français qui s’est fait chevrierdans ces montagnes, et qui y est devenu presque sauvageet presque sorcier; singulière fin pour un tambour-maîtredu trente-septième léger! Ce brave homme, ancien enfantde troupe dans les armées voltairiennes de la république,m’a paru croire aujourd’hui aux fées et aux gnomes commeil a cru jadis à l’empeivur. La solitude agit toujours ainsisur l’intelligence; elle développe la poésie qui est toujoursdans l’homme; tout pâtre est rêveur.
J’ai donc écrit ce conte bleu dans le lieu même, cachédans le ravin-fossé, assis sur un bloc qui a été un rocherjadis, qui a été une tour au douzième siècle et qui estredevenu un rocher, cueillant de temps en temps, pour enaspirer l’âme, une fleur sauvage, un de ces liserons quisentent si bon et qui meurent si vite, et regardant tour àtour l’herbe verte et le ciel radieux, pendant que degrandes nues d’or se déchiraient aux sombres ruines duFalkenburg.
Cela dit, voici l’histoire.