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LE RIIIN.
suivre à Stahleck pour recevoir l’investiture et me prêterle serment d’allégeance, en mail public et en présence deséchevins, in mallo publico et coram scabinis, comme disentles chartes du saint empereur Charlemagne .
Il fallait obéir. Pécopin envoya à Bauldour un messagedans lequel il lui annonçait tristement que la gracieusevolonté du pfalzgraf l’obligeait de se rendre sur-le-champà Stahleck pour une très grande et très grosse affaire.
— Soyez tranquille, madame ma mie, ajoutait-il en ter-minant, je serai de retour le mois prochain.
Le messager par-ti, Pécopin suivit le palatin et alla cou-cher, avec les chevaliers de la suite du prince, dans lachâtellenie basse à Bacharach . Cette nuit-là ii eut unrêve. 11 revit en songe l’entrée de la forêt de Sonneck, lamétairie, les quatre arbres et les quatre oiseaux; lesoiseaux ne criaient, ni ne sifflaient, ni ne chantaient, ilsparlaient. Leur ramage, auquel se mêlaient les voix de lapoule et du pigeon, s’ôtait changé en cet étrange dialogue,que Pécopin endormi entendit distinctement :